Les régimes de retraite se refont une santé

Les marchés ont été stimulés par les mesures de relance des gouvernements, l’intervention musclée des banques centrales, le relâchement graduel des mesures de confinement et par les avancées dans le développement de vaccins potentiels.
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Les marchés ont été stimulés par les mesures de relance des gouvernements, l’intervention musclée des banques centrales, le relâchement graduel des mesures de confinement et par les avancées dans le développement de vaccins potentiels.

Les régimes de retraite à prestations déterminées ont retrouvé une santé financière, le temps d’un rebond des marchés boursiers dans un contexte de pandémie. L’incertitude n’en persiste pas moins, nourrie par le découplage entre un scénario en V retenu par les marchés et en U que semble adopter l’économie dite réelle, et la faiblesse des rendements obligataires.

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, qui mesure le ratio de solvabilité d’un régime de retraite à prestations déterminées hypothétique, est passé de 93 % à la fin de mars à 101 % à la fin de juin. De son côté, le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients du cabinet spécialisé en ressources humaines était de 91 % au 30 juin contre 84 % au 31 mars.

Mercer souligne qu’au deuxième trimestre, les niveaux de capitalisation des régimes à prestations déterminées ont récupéré un peu moins de la moitié des pertes subies au premier trimestre. « On doit cette embellie à des rendements supérieurs à 10 % de façon généralisée sur les marchés des actions au dernier trimestre, et ce, malgré le déclin des obligations à long terme qui a fait augmenter les passifs actuariels. » Et F. Hubert Tremblay, conseiller principal au sein du domaine Avoirs de Mercer Canada, d’ajouter : « En dépit des difficultés des derniers mois, la plupart des régimes de retraite à prestations déterminées se sont sortis assez bien du pire de la crise. » Le rendement d’un portefeuille équilibré type aurait dégagé un rendement exceptionnellement solide de 13 % au deuxième trimestre.

101%
Il s’agit de l’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite à la fin juin, qui mesure le ratio de solvabilité d’un régime de retraite à prestations déterminées hypothétique

Prudence et défensive demeurent toutefois à l’ordre du jour, le décalage entre le rebond du marché des actions et la relance économique nourrissant encore un certain scepticisme. « Bien que l’activité économique continue d’être lourdement ralentie par la pandémie, les marchés des actions ont presque remonté à leur niveau du début de l’année et leurs cours semblent dessiner une courbe de “reprise en V”. À l’opposé, les rendements obligataires à long terme atteignent sans cesse de nouveaux planchers, ce qui laisse présager une croissance atone et une inflation molle. »

Des risques persistent

Ce faisant, « des risques graves et imminents menacent les régimes à prestations déterminées, avertit M. Tremblay. Les marchés des actions ont pris les devants sur l’économie réelle, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux écueils d’une faible reprise économique, de la persistance prolongée du virus ou de retard dans le développement d’un vaccin efficace. »

Son collègue Todd Nelson renchérit. Les marchés ont été stimulés par les mesures de relance des gouvernements, l’intervention musclée des banques centrales, le relâchement graduel des mesures de confinement et par les avancées dans le développement de vaccins potentiels. « Cependant, les escalades récentes du nombre de cas aux États-Unis et dans d’autres pays alimentent les craintes d’une deuxième vague de COVID-19. »

Le cabinet retient que les régimes fermés et sans problème de capitalisation ont tout intérêt à jouer de prudence en augmentant la pondération des actifs défensifs, en se diversifiant pour diluer l’importance des actions ou en stimulant la souscription de rentes. Quant aux régimes avec un horizon à long terme, « une route cahoteuse les attend. Vu la maigreur des rendements obligataires, ils y gagneront plutôt de continuer à investir dans les actifs de croissance afin de rester abordables. Toutefois, une pondération marquée dans les actifs de croissance les rendra plus sensibles à la volatilité des marchés. »

Performance des marchés

Au deuxième trimestre, l’indice composé S&P/TSX a gagné 17 % et 10 des 11 secteurs ont inscrit des rendements positifs, celui des technologies de l’information arrivant en tête. Pour leur part les obligations à long terme affichent un rendement trimestriel supérieur à 10 % du fait de la chute des taux obligataires.

À l’international, le marché des actions américaines s’est hissé en tête de peloton, affichant un rendement de 20,5 % en devise américaine (de 15,3 % en dollars canadiens), contre 12,8 % en monnaie locale (10,1 % en dollars canadiens) pour les actions internationales.

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