Les énergies renouvelables moins chères que tout autre carburant fossile

La diminution rapide des prix de l’énergie solaire et éolienne n’est pas près de s’arrêter.
Photo: Rich Pedroncelli Associated Press La diminution rapide des prix de l’énergie solaire et éolienne n’est pas près de s’arrêter.

Plus de la moitié de la capacité de production d’énergie renouvelable ajoutée l’an dernier était moins chère que toute autre option offerte du côté des carburants fossiles. Et ce qu’il y a de plus beau, c’est que la diminution rapide des prix de l’énergie solaire et éolienne n’est pas près de s’arrêter et qu’il y a là une occasion en or de stimuler l’économie tout en faisant du bien à l’environnement.

En 2019, 56 % de la nouvelle production industrielle d’énergie renouvelable avait un coût inférieur à l’électricité qu’aurait produite n’importe quel carburant fossile, y compris le moins cher de tous : le charbon, a rapporté mardi l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA en anglais), une organisation intergouvernementale comptant 161 pays membres. Cet avantage en termes de coût s’est observé notamment dans 90 % des nouveaux projets hydroélectriques, les trois quarts des projets d’éoliennes terrestres et un peu moins de la moitié des projets d’énergie solaire photovoltaïque.

Ainsi, si l’on décidait aujourd’hui de remplacer les 500 gigawatts d’électricité les moins chers de la filière charbon par du solaire et de l’éolien, on économiserait 23 milliards $US par année. Mais il y a mieux, poursuit l’IRENA. On réduirait aussi de 5 % les émissions mondiales de CO2, en plus de lancer des projets d’infrastructures équivalant à un stimulus de 940 milliards, soit environ 1 % du produit intérieur brut mondial.

Tournant

« Nous avons atteint un tournant important dans la transition énergétique. Tant sur le plan environnemental qu’économique, les arguments en faveur de l’installation de nouvelles centrales au charbon ou du maintien de celles qui existantes sont injustifiables », a déclaré dans un communiqué le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera.

Le choc économique infligé par la pandémie de coronavirus offre une occasion à ne pas rater d’adopter des politiques de relance verte, a-t-il poursuivi. « Les énergies renouvelables constituent un moyen d’aligner les initiatives politiques à court terme sur les objectifs à moyen et long terme en matière d’énergie et de climat. » Déjà, presque les trois quarts des nouvelles capacités de production d’électricité déployées l’an dernier provenaient des énergies renouvelables. On s’attend également à ce que ces dernières soient les seules à continuer de se développer cette année en dépit de la COVID-19.

Les progrès réalisés ces dernières années dans les énergies renouvelables ont été impressionnants, souligne l’IRENA. Même en tenant compte de l’inflation, le coût moyen de l’électricité produite par les éoliennes installées au large a été réduit de 29 %, de 2010 à 2019, contre 39 % pour les éoliennes terrestres, 47 % pour l’énergie solaire à concentration et 82 % pour l’énergie solaire photovoltaïque.

Pas une affaire de subventions

Ces progrès sont attribuables à plusieurs facteurs qui devraient mener à de nouvelles baisses des prix de 20 % en 2021. On évoque des innovations technologiques, les économies d’échelle rendues possibles par de vastes chaînes de production, le développement d’un meilleur savoir-faire et des coûts de financement qui diminuent en même temps que grandit la confiance dans ces nouveaux secteurs.

L’IRENA en profite pour s’attaquer au « mythe » tenace voulant que le succès des énergies renouvelables tienne à de juteuses subventions des gouvernements. En réalité, sur les 634 milliards versés en subventions directes au secteur de l’énergie en 2017, seulement 20 % sont allés aux énergies renouvelables, contre 70 %, ou 447 milliards, aux carburants fossiles et 9 % aux biocarburants et au nucléaire. En fait, si l’on tenait compte de l’ensemble des coûts (externalités) que les collectivités assument à la place du secteur des énergies fossiles, il faudrait même parler de « subventions » supérieures à 3000 milliards.

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