La rétribution des hauts dirigeants se porte bien à la Caisse de dépôt

Le nouveau  président  et chef  de l’exploitation, Charles Émond, a reçu une  rémunération globale  de 2,78 millions en 2019.
Paul Chiasson La Presse canadienne Le nouveau président et chef de l’exploitation, Charles Émond, a reçu une rémunération globale de 2,78 millions en 2019.

Ensemble, les cinq dirigeants les mieux payés de la Caisse de dépôt ont reçu une rémunération globale de 13,9 millions en 2019 dans un marché porteur. À sa dernière année à la présidence de l’institution, Michael Sabia a reçu 4,4 millions, une hausse de 14,5 %.

Selon les données du rapport annuel de la Caisse de dépôt présenté à l’Assemblée nationale mardi, le nouveau président et chef de l’exploitation, Charles Émond, a reçu pour sa part une rémunération globale de 2,78 millions en 2019 à titre de premier vice-président Québec, placements privés et placements stratégiques. S’ajoutent des sommes compensatoires liées à son embauche de 713 000 $ en 2019, d’environ 1,5 million en 2020 et de 1,8 million en 2021. Le porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon, a précisé à La Presse canadienne qu’il s’agit de sommes compensatoires auxquelles il aurait eu droit s’il était demeuré chez son ancien employeur, à la Banque Scotia. « L’idée est de ne pas verser l’argent d’un coup. On l’étale dans le temps pour s’assurer de garder la personne un certain nombre d’années. »

M. Émond aura également droit à une indemnité de 2,5 millions advenant une fin non volontaire de son emploi. M. Sabia avait renoncé à toute indemnité de fin d’emploi, lit-on dans les documents de la Caisse.

La Caisse a affiché un rendement global de 10,4 % en 2019, sous celui de 11,9 % affiché par son indice de référence. Elle a fait légèrement mieux que son indice de référence dans le segment des revenus fixes (8,9 % contre 8 %), mais beaucoup moins bien du côté des actifs réels (1 % contre 7,2 %), ce segment ayant été plombé par une contre-performance dans le secteur immobilier, centres commerciaux en tête. Sur le marché des actions, la Caisse a fait 15,3 %, contre 16,3 % pour son indice de référence.

Pour l’ensemble de l’institution, les primes octroyées se sont établies à 156,8 millions, en hausse de 9,3 % par rapport à 2018. Dans le contexte de la pandémie, l’institution a toutefois pris la décision de geler le salaire des cadres, des gestionnaires et de certains experts de haut niveau de la Caisse et de ses filiales. De plus, le versement de la rémunération variable liée à la performance de 2019 est reporté jusqu’au troisième trimestre de 2020. Les membres du comité de direction ont pour leur part décidé de reporter et de co-investir le maximum possible de leur rémunération variable pour une période de trois ans à compter du 1er janvier 2020 jusqu’en 2022. « Ces montants reportés varieront selon les rendements de la Caisse, à la hausse comme à la baisse », a-t-elle précisé.

Dans sa présentation, M. Émond a évoqué l’environnement de forte volatilité et d’instabilité des marchés. « Ces 18 derniers mois, les investisseurs ont en effet dû composer avec des extrêmes sur les marchés, à la hausse comme à la baisse. Fin 2018 : des marchés qui plongent et enregistrent l’un de leurs pires rendements annuels depuis la crise financière de 2008-2009. 2019 : des marchés qui connaissent l’une des plus fortes effervescences des 30 dernières années — pourtant déconnectée de la croissance réelle. Début 2020 : des marchés qui s’effondrent, emportés par les craintes associées, d’une part, à la pandémie de COVID-19 — qui a créé un choc simultané et rare sur l’offre et la demande — et, d’autre part, à la guerre de prix que se livrent les pays producteurs de pétrole », a-t-il énuméré. Et d’ajouter : « Ce qui frappe, c’est la vitesse et l’ampleur des mouvements récents. C’est aussi à quel point les années 2020 et 2019 seront aux antipodes. »

Il a dit aborder sa présidence avec prudence, mais aussi avec confiance.

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