Pour sortir de la pauvreté au Québec

Pour sortir de la pauvreté, un ménage composé de deux adultes et deux enfants aurait besoin de 61 009$ à Montréal et de 60 280$ à Québec.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Pour sortir de la pauvreté, un ménage composé de deux adultes et deux enfants aurait besoin de 61 009$ à Montréal et de 60 280$ à Québec.

Pour sortir de la pauvreté, en 2020, un ménage composé de deux adultes et deux enfants aurait besoin de 61 009 $ à Montréal et de 60 280 $ à Québec, a calculé l’IRIS.

De même, un ménage de deux adultes et deux enfants aurait besoin de 61 124 $ à Gatineau, de 58 249 $ à Sherbrooke, de 64 069 $ à Saguenay, de 57 900 $ à Trois-Rivières et de 66 036 $ à Sept-Îles. Dans la même optique, une personne seule aurait besoin de 27 948 $ à Montréal, de 27 409 $ à Québec, de 27 682 $ à Gatineau, de 24 704 $ à Sherbrooke, de 24 083 $ à Saguenay, de 24 402 $ à Trois-Rivières et de 32 682 $ à Sept-Îles.

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques vient de publier, comme il le fait chaque année depuis 2015, son indice de revenu viable. Il s’agit d’un indice qui permet de calculer le revenu dont un ménage devrait disposer, non seulement pour combler ses besoins de base, mais pour se sortir de la pauvreté en ayant une petite marge de manœuvre.

En entrevue mercredi, la chercheuse Ève-Lyne Couturier a expliqué qu’il s’agit bien d’un indice pour calculer le revenu qui permet d’avoir « une vie digne, raisonnable ».

Cet indice prévoit une marge de manœuvre pour les imprévus — un dégât d’eau, des soins dentaires — et d’ajouter une sortie mensuelle au restaurant, des vêtements neufs plutôt que de la friperie, de même que de se payer un café, du chocolat de temps en temps et des vacances.

 

Le panier de consommation

Les gouvernements utilisent plutôt la mesure du panier de consommation (MPC), qui se limite aux besoins de base. L’écart entre l’indice de revenu viable et la MPC varie de 9000 $ à 26 000 $ selon la catégorie de ménage et la ville examinées.

Là encore, Mme Couturier explique que la MPC ne mesure que le strict minimum, les besoins de base, alors que l’indice de revenu viable calcule ce qu’il faut gagner comme revenu pour sortir de la pauvreté.

La crise du coronavirus a d’ailleurs apporté de l’eau au moulin de cet indice de revenu viable, lorsque le gouvernement Trudeau a implanté la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ par mois — une aide temporaire. Le gouvernement fédéral s’est ainsi trouvé à calculer le revenu dont il fallait disposer pour combler des besoins qui vont au-delà du strict minimum.

La PCU, « c’est une forme de revenu minimum en effet », a souligné Mme Couturier.

Elle a d’ailleurs noté que cela s’approche du revenu viable que l’IRIS a calculé dans les villes de Sherbrooke, Saguenay et Trois-Rivières.

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