L’OCDE tire les leçons de la pénurie de masques

Les masques chirurgicaux et les masques de protection N95 requièrent de nombreuses étapes de production relativement sophistiquées.
Photo: Wang Zhao Agence France-Presse Les masques chirurgicaux et les masques de protection N95 requièrent de nombreuses étapes de production relativement sophistiquées.

La pénurie mondiale de masques de protection est un simple problème d’offre et de demande que les pays ont compliqué en recourant au protectionnisme, mais qu’on ne devrait pas avoir à revivre, la prochaine fois, si l’on tire des leçons de la pandémie en cours.

Malgré leurs coûts modestes et leurs dehors tout simples, les masques chirurgicaux et les fameux masques de protection N95 requièrent de nombreuses étapes de production dont certaines relativement sophistiquées, explique une analyse sur le sujet dévoilée mardi par l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE). Principal goulot d’étranglement de la production, leur capacité de filtration repose notamment sur une microfibre électrifiée en polypropylène extrudé soufflé produite par un nombre restreint de grandes entreprises en raison du coût élevé de la machinerie nécessaire.

De plus, quelques pays seulement produisaient de tels masques lorsque la COVID-19 est survenue, dont la Chine avec la moitié de la production mondiale. Mais même avec une production quotidienne de 20 millions de masques, elle ne pouvait pas, au début, répondre à ses propres besoins de 240 millions de masques par jour. Depuis, la situation s’y est un peu calmée et la conversion d’autres usines a permis de multiplier la production nationale par dix, mais les besoins dans les autres pays touchés par la pandémie ont aussi été multipliés par dix. Loin d’arranger les choses, les barrières commerciales érigées par une quarantaine de pays pour protéger leurs maigres réserves n’ont fait que compliquer et ralentir la production mondiale.

Les leçons de cette histoire ? Les pays seraient fous d’essayer de se doter des capacités de production nécessaires pour répondre, en temps réel, à une explosion de la demande lors d’une prochaine pandémie, dit l’OCDE. Ils feraient mieux, à la place, de se doter de réserves stratégiques qu’ils pourraient même mettre en commun. Des ententes avec des usines pourraient aussi être conclues d’avance pour une conversion rapide de leur production en cas de besoin.

Et puis, au lieu de penser qu’on peut tout faire seul, on devrait convenir avec ses partenaires commerciaux des règles à suivre pour assurer la production la plus efficace et fiable possible.

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