L’économie américaine a reculé de 4,8% au 1er trimestre, mais le pire est à venir

Il s’agit de la plus importante baisse depuis le quatrième trimestre 2008 quand les États-Unis s’enfonçaient dans la crise financière.
Photo: Scott Olson / Getty Images / Agence France-Presse Il s’agit de la plus importante baisse depuis le quatrième trimestre 2008 quand les États-Unis s’enfonçaient dans la crise financière.

L’économie américaine a reculé à un taux annuel de 4,8 % au premier trimestre, alors que la pandémie de coronavirus a immobilisé une grande partie du pays et a déclenché une récession qui mettra fin à la plus longue expansion économique jamais enregistrée aux États-Unis.

Pourtant, le recul observé pendant le trimestre de janvier à mars ne sera que le précurseur d’un portrait bien plus sombre à venir pour la période actuelle d’avril à juin, marquée par les fermetures d’entreprises et les licenciements, dont l’incidence est dévastatrice. Avec une grande partie de l’économie paralysée, le Congressional Budget Office a estimé que l’activité économique plongerait ce trimestre à un taux annuel de 40 %.

Ce serait, par une marge à couper le souffle, le trimestre le plus sombre depuis que de telles données ont été compilées pour la première fois, en 1947. Sa taille serait en fait quatre fois plus importante que celle de la pire contraction trimestrielle jamais enregistrée, en 1958.

Le département américain du Commerce a estimé mercredi que le produit intérieur brut, soit la production totale de biens et services, avait affiché une baisse trimestrielle pour la première fois en six ans. Et ce fut la plus forte baisse depuis que l’économie a reculé à un taux annuel de 8,4 % au quatrième trimestre de 2008, lors de la Grande Récession.

En quelques semaines, des entreprises de tout le pays ont fermé leurs portes et mis à pied des dizaines de millions de travailleurs. Les usines et les magasins sont fermés. Les ventes de maisons sont en baisse. Les ménages réduisent leurs dépenses. La confiance des consommateurs s’affaiblit.

Le rapport sur le PIB a montré que la faiblesse était due à la chute des dépenses de consommation, qui représentent 70 % de l’activité économique du pays. Les dépenses de consommation ont chuté à un taux annuel de 7,6 % au premier trimestre, enregistrant ainsi leur plus forte baisse depuis 1980.

L’investissement des entreprises a également été faible : il a baissé de 2,6 %, les investissements en équipement ayant fortement reculé de 15,2 %.

Alors que l’économie glisse dans ce qui ressemble à une grave récession, certains économistes espèrent qu’une reprise arrivera rapidement et de manière robuste une fois la crise sanitaire résolue — ce que certains appellent une reprise en forme de V. De plus en plus, cependant, les analystes disent croire que l’économie aura du mal à reprendre son élan, même après la fin de l’épidémie virale.

De nombreux Américains, selon eux, pourraient rester trop craintifs pour voyager, magasiner ou visiter des restaurants ou des cinémas comme auparavant. En outre, les responsables locaux et étatiques peuvent continuer de limiter, pour des raisons de santé, le nombre de personnes qui peuvent se rassembler dans de tels endroits à un moment donné, ce qui rend difficile la survie de nombreuses entreprises. C’est pourquoi certains économistes affirment que les dommages causés par la récession pourraient persister beaucoup plus longtemps que certains ne le supposent.

Il est également à craindre que le coronavirus ne réapparaisse après la réouverture de l’économie, obligeant les entreprises rouvertes à fermer de nouveau.

L’administration Trump est plus optimiste. Le président Donald Trump a affirmé aux journalistes cette semaine qu’il s’attend à une « forte hausse » du PIB au troisième trimestre, suivie d’un « quatrième trimestre incroyable, et vous allez avoir une incroyable année prochaine ».

Le président construit sa campagne de réélection sur l’argument voulant qu’il a bâti une économie puissante au cours des trois dernières années et peut le faire à nouveau une fois la crise sanitaire résolue.

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