Profit stable pour Google, lourde perte pour Ford

Google a affiché la plus faible croissance de ses revenus en près de cinq ans.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Google a affiché la plus faible croissance de ses revenus en près de cinq ans.

Alphabet, la maison-mère de Google, a réalisé un bénéfice net de plus de 6,8 milliards de dollars au premier trimestre, contre un peu moins de 6,7 milliards il y a un an, signe que l'impact de la crise économique ne se fait pas sentir pour l'instant pour le géant de la publicité sur Internet.

Son chiffre d'affaires a progressé de 13 % à 41,2 milliards, et ses résultats, meilleurs qu’espérés dans un contexte d'assèchement des budgets des annonceurs, lui valaient une hausse de 3 % de son titre à Wall Street lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

Google a affiché tout de même la plus faible croissance de ses revenus en près de cinq ans, la récession provoquée par la pandémie ayant commencé à réduire ses ventes de publicités au premier trimestre. Les mesures de confinement généralisées, qui obligent les consommateurs à rester à la maison, ont incité peu d’entreprises à annoncer leurs produits et services.

Le portrait est aussi incomplet puisque la demande pour les publicités dans la plupart des régions du monde n'a pas été durement touchée avant fin février et début mars. «La performance a été solide au cours des deux premiers mois du trimestre, mais en mars, nous avons enregistré un ralentissement significatif des revenus publicitaires», a expliqué la directrice financière d'Alphabet, Ruth Porat.

La croissance des revenus de la société n'a pas été aussi faible depuis l'été 2015, avant que Google ne crée Alphabet pour en faire une société de portefeuille qui l'inclurait au sein d'un groupe complété par plusieurs petites entreprises technologiques plus risquées.

 
33 %
C’est l’augmentation des revenus de YouTube au premier trimestre, par rapport à la même période l’an dernier.

Le réseau social Facebook, le deuxième plus grand vendeur de publicités numériques derrière Google, devrait également révéler un ralentissement spectaculaire mercredi, lorsqu'il dévoilera ses résultats pour la même période. Le trimestre actuel, d'avril à juin, devrait fournir des données encore plus sombres, les principaux annonceurs des compagnies aériennes, des hôtels et des autres voyages n'ayant que peu ou pas de raison de dépenser quoi que ce soit pour toucher les consommateurs, dont les perspectives de vacances estivales sont au point mort.

Même si ses revenus ralentissent, Google reste une machine à imprimer de l'argent. YouTube s'est particulièrement bien comporté au premier trimestre; ses revenus ont augmenté de 33 % par rapport à la même période l'an dernier, La demande de toutes sortes de services en ligne a également contribué à soutenir les ventes de services de l'entreprise qui aident à exploiter des sites web. La division d'infonuagique de Google a enregistré une augmentation de 52 % de ses revenus.

Mais la publicité liée aux résultats de recherche reste le cœur financier de l'entreprise, et elle vacille avec le reste de l'économie. Les revenus générés par le moteur de recherche de Google ont augmenté de 9 % au cours du premier trimestre et se sont probablement encore détériorés depuis fin mars.

Ford avertit

Pour sa part, le constructeur automobile Ford a averti mardi s'attendre à enregistrer une perte opérationnelle de 5 milliards au deuxième trimestre, en raison d'une chute prévue des volumes de ventes de voitures dans toutes les zones géographiques, pour cause de pandémie de coronavirus. Ce déficit s'ajoute à une perte d'exploitation de 632 millions au premier trimestre, selon un communiqué. En tout, la marque à l'ovale bleu, qui n'a toujours pas dévoilé la date de réouverture de ses usines américaines fermées pour respecter les mesures de distanciation sociale et de confinement destinées à endiguer la propagation du Covid-19, devrait avoir perdu plus de 5,6 milliards en six mois.

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