JP Morgan Chase et Wells Fargo se préparent à une «sévère récession»

Les mesures de confinement prises pour endiguer la propagation du coronavirus ont conduit des milliers de commerces et d’entreprises à baisser le rideau et il n’est pas certain qu’un grand nombre rouvrent quand l’économie va repartir.
Photo: Timothy A. Clary Agence France-Presse Les mesures de confinement prises pour endiguer la propagation du coronavirus ont conduit des milliers de commerces et d’entreprises à baisser le rideau et il n’est pas certain qu’un grand nombre rouvrent quand l’économie va repartir.

Les banques américaines JP Morgan Chase et Wells Fargo ont prévenu mardi qu’elles s’attendaient à une « sévère récession » de l’économie américaine, avec un taux de chômage à 20 % au deuxième trimestre, due à la pandémie de COVID-19, qui devrait entraîner une flambée des impayés des particuliers et des entreprises.

Les résultats du premier trimestre des deux firmes, qui sont respectivement les première et quatrième banques américaines, ont confirmé les craintes des milieux d’affaires et des politiques : les ravages causés par le nouveau coronavirus sur l’économie sont colossaux.

Le bénéfice net de JP Morgan Chase, qui a dû fermer temporairement des centaines d’agences, a plongé de 69 % à 2,9 milliards de dollars, contre 9,2 milliards au premier trimestre 2019. Wells Fargo a pour sa part vu son profit fondre à 653 millions, contre un gain de 5,85 milliards un an plus tôt. Cette détérioration de la rentabilité est due à l’épidémie, qui a mis à l’arrêt l’économie américaine depuis la mi-mars, ont expliqué les deux banques.

« Étant donné qu’il est probable d’avoir une récession assez sévère, il était nécessaire de constituer des réserves liées [aux activités] de prêts », a expliqué Jamie Dimon, p.-d.g. de JP Morgan, ajoutant que le premier trimestre avait été marqué par « des défis sans précédent qui exigeaient de se concentrer sur ce qu’une banque pouvait faire » pour demeurer solide.

Les mesures de confinement prises pour endiguer la propagation du coronavirus ont conduit des milliers de commerces et d’entreprises à baisser le rideau et il n’est pas certain qu’un grand nombre rouvrent quand l’économie va repartir. Les grandes entreprises, en quête de trésorerie, se sont précipitées pour avoir accès immédiatement aux lignes de crédit que leur avaient ouvert les banques pour éviter de faire faillite.

Quelque 16 millions d’Américains se sont inscrits au chômage fin mars et début avril. De nombreux ménages et PME ont du mal à payer leurs factures et leurs crédits à la consommation et à honorer leurs mensualités.

Wells Fargo a suspendu les saisies des maisons des clients ne pouvant rembourser leur crédit immobilier et reporté les mensualités sur plusieurs crédits à la consommation, tandis que JP Morgan Chase a étalé les remboursements des prêts auto. Malgré toutes ces mesures, JP Morgan Chase a mis de côté au total 8,3 milliards, un plus haut depuis la crise financière de 2008, pour couvrir les futurs défauts de paiements de ses débiteurs. Ces réserves sont en hausse de 6,8 milliards de plus en un an. Les réserves de Wells Fargo ont augmenté de 3,2 milliards sur un an, à 4 milliards.

JP Morgan Chase anticipe un bond du taux de chômage à 20 % au deuxième trimestre, mais un repli au quatrième trimestre.