Le G20 se mobilise pour stabiliser le marché du pétrole

Alors qu'ils tournaient encore autour de 60 $US il y a quelques mois, les cours du baril ont atteint en début de semaine dernière des niveaux plus vus depuis 2002. Le prix du baril selon le panier de l'OPEP est juste au-dessus de 21 $US.
Photo: Haidar Mohammed Agence France-Presse Alors qu'ils tournaient encore autour de 60 $US il y a quelques mois, les cours du baril ont atteint en début de semaine dernière des niveaux plus vus depuis 2002. Le prix du baril selon le panier de l'OPEP est juste au-dessus de 21 $US.

Les ministres de l’Énergie du G20 « n’ont pas discuté de chiffres » concernant une baisse éventuelle de l’offre mondiale de pétrole lors de la réunion organisée vendredi par l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial d’or noir, a dit le représentant du Canada, Seamus O’Regan.

« Les discussions d’aujourd’hui ont porté sur une solution multilatérale pour résoudre l’instabilité » des prix. « Nous n’avons pas discuté de chiffres, ça ne portait pas sur des chiffres », a dit M. O’Regan, ministre canadien des Ressources naturelles, lors d’un point de presse téléphonique à l’issue de la réunion. « À cette étape-ci, il s’agissait vraiment de discuter d’une politique et d’un engagement collectif pour utiliser tous les outils disponibles pour améliorer la stabilité. Nous avons créé un groupe de travail qui devra faire rapport sur des éléments de réponse coordonnés », a-t-il précisé.

Ce groupe doit se réunir « prochainement », a-t-il dit.

Il a qualifié de « succès » la réunion par visioconférence du simple fait qu’elle ait eu lieu, ajoutant que « les pays du G20 partagent vraiment une compréhension selon laquelle la sécurité et la prospérité économiques de nos peuples est liée à un marché de l’énergie qui fonctionne bien et [qui est] stable ». « Le fait […] que nous soyons disposés à travailler ensemble pour coordonner immédiatement nos efforts, collecter des données pour savoir comment faire pour trouver cette stabilité marque un grand pas en avant. Nous ne sommes pas encore là où on voudrait être, mais c’est certainement un pas dans la bonne direction », a-t-il estimé.

Le Canada, a-t-il rappelé, « est le quatrième producteur mondial de pétrole », qui représente « 8 % de son PIB ». Le pays, qui dispose de la troisième réserve de la planète, a déjà, selon lui, réduit sa production « d’environ 750 000 barils par jour » ces derniers mois, avec l’effondrement des prix provoqué par la pandémie de nouveau coronavirus.

Diminution de l’offre

Dans un communiqué vendredi matin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a évoqué une entente préalable sur une diminution de l’offre mondiale — de 10 millions de barils de brut par jour (mbj) en mai et juin. Elle a été obtenue lors d’une réunion qui s’est terminée au petit matin des principaux pays producteurs de pétrole, dont la Russie, non-membre du cartel mais deuxième producteur mondial et chef de file des partenaires du cartel.

Mais le Mexique, pays non membre de l’OPEP, n’a pas donné son approbation, indispensable pour entériner l’accord lors de cette réunion. Mexico trouvait en effet excessif l’effort qui lui était réclamé (réduction de production de 400 000 barils par jour), comparativement à d’autres pays. Quelques heures plus tard, le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, a indiqué être parvenu à un accord avec son homologue américain, Donald Trump, pour réduire la production de pétrole de son pays.

Il a précisé que le Mexique allait réduire ses pompages de 100 000 barils par jour (bj) et que les États-Unis allaient de leur côté diminuer les leurs de 250 000 bj supplémentaires par rapport à leurs engagements précédents pour compenser la part mexicaine.

M. Trump a confirmé ensuite que les États-Unis avaient accepté d’aider le Mexique à atteindre son quota de réduction de la production de pétrole.

Le retrait de 10 mbj en mai et juin, puis de 8 mbj de juillet à décembre, serait pour l’essentiel supporté par l’Arabie saoudite et la Russie, mais au moins une vingtaine d’autres pays devraient participer à l’effort, d’après l’agence Bloomberg.

Alors qu’ils tournaient encore autour de 60 $US il y a quelques mois, les cours du baril ont atteint en début de semaine dernière des niveaux plus vus depuis 2002. Le prix du baril selon le panier de l’OPEP est juste au-dessus de 21 $US.