Subvention salariale: Air Canada veut annuler les mises à pied

<p>La compagnie aérienne a réduit sa capacité en sièges de 85 à 90 % en raison de la pandémie.</p>
Photo: Darryl Dyck Archives La Presse canadienne

La compagnie aérienne a réduit sa capacité en sièges de 85 à 90 % en raison de la pandémie.

Air Canada prévoit réembaucher 16 500 travailleurs mis à pied grâce à la subvention salariale d’urgence d’Ottawa, même si la grande majorité d’entre eux resteront à la maison en raison de l’effondrement des voyages mondiaux attribuable à la pandémie de COVID-19.

Le transporteur aérien a annoncé mercredi qu’il demanderait la Subvention canadienne pour les salaires d’urgence afin de retenir ou de ramener les travailleurs qui ont été mis à pied dans le cadre d’un programme de réduction des coûts qui a vu près de la moitié des 36 000 employés d’Air Canada perdre leur emploi lorsque le trafic aérien s’est arrêté en raison du virus.

« Bien que notre capacité de sièges offerts et notre exploitation aérienne aient diminué de plus de 90 % du jour au lendemain, nous essayons de garder le maximum d’employés durant cette crise, et cette mesure nous est d’un grand secours », a affirmé mercredi dans un communiqué le chef de la direction, Calin Rovinescu.

Selon les niveaux de salaire, de nombreux employés recevront davantage en vertu de la subvention salariale fédérale de 71 milliards $ qu’ils ne le feraient s’ils touchaient des prestations d’assurance-emploi, et conserveront leur assurance maladie et autres avantages sociaux, a expliqué Air Canada.

Le syndicat représentant les agents de bord d’Air Canada a confirmé que ses 6800 membres récemment mis en congé forcé seraient en mesure de réintégrer la liste de paie, mais ne seraient pas en « service actif », car la plupart des itinéraires sont maintenant annulés.

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« Ce serait un grand soulagement pour nos membres qui ont traversé des moments très difficiles au cours des derniers mois », a affirmé le président de la composante Air Canada du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Wesley Lesosky. « Ils sont mûrs pour de bonnes nouvelles. »

Cependant, les membres du syndicat qui touchent le salaire minimum ou presque peuvent choisir de conserver leur statut actuel, ce qui leur permettrait de demander la prestation canadienne d’urgence (PCU) pour les personnes qui ont perdu leur emploi.

« Certains pourraient choisir de prendre la PCU, car cela leur offrirait un plus grand avantage », a observé le porte-parole du SCFP, Hugh Pouliot, dans un courriel.

En vertu du programme de subventions salariales, les travailleurs perçoivent 75 % de leur salaire horaire normal, ou un maximum de 847 $ par semaine. La PUC, en revanche, offre 500 $ par semaine aux Canadiens sans emploi.

Un travailleur en congé revenant à un poste de 40 heures par semaine au salaire minimum — 14 $ l’heure en Ontario, le deuxième plus élevé au pays — gagnerait 420 $ par semaine grâce à la subvention salariale. C’est 16 % de moins que le chèque qu’il recevrait avec la PCU offerte aux Canadiens nouvellement mis à pied.

Un travailleur gagnant 17 $ l’heure toucherait 10 $ de plus par semaine que ses homologues au chômage.

« L’accord prévoit que nos membres restent sur la liste de paie d’Air Canada, mais restent à la maison», a expliqué Keith Aiken, porte-parole de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale. Mais certains membres souhaiteront peut-être demander la prestation canadienne d’urgence, a-t-il ajouté.

Le trafic de passagers au point mort

Air Canada a affirmé que ses revenus de mars avaient chuté de plus de 30 % par rapport à l’an dernier, le seuil initial pour bénéficier de la subvention salariale. La société s’attend à ce que les rentrées de fonds restent en deçà de cette marque pendant toute la durée du programme. Le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé mercredi à assouplir les règles, affirmant que les entreprises devraient désormais afficher une baisse de 15 % de leurs revenus en mars.

La compagnie aérienne montréalaise a précisé que les employés réembauchés bénéficieraient de la subvention pour la durée du programme — actuellement prévue pour une durée maximale de 12 semaines, rétroactive au 15 mars — ou jusqu’à ce qu’ils puissent reprendre leurs fonctions habituelles, selon la première éventualité.

Les mises à pied de 15 200 travailleurs syndiqués et 1300 cadres sont entrées en vigueur vendredi dernier et devaient initialement durer jusqu’en mai.

Selon l’Agence des services frontaliers du Canada, les arrivées de passagers internationaux dans les aéroports canadiens ont diminué de 96 % par rapport à l'an dernier pour la semaine commençant le 30 mars, même en tenant compte des milliers de voyageurs qui rentraient à la maison sur des vols de rapatriement.

Le nombre de passagers en provenance des États-Unis et du reste du monde a diminué, passant respectivement à 11 400 et 3300, contre 376 900 et 73 200 un an plus tôt.

Plus de 18 500 employés des compagnies aériennes canadiennes ont perdu leur emploi au cours des trois dernières semaines, sans compter les employés d’Air Canada.

En plus des réductions temporaires d’effectifs, Air Canada a annoncé le 31 mars que M. Rovinescu et son directeur financier, Michael Rousseau, renonceraient à leur salaire pendant trois mois. M. Rovinescu a reçu 11,5 millions $ en rémunération totale en 2018 et 9 millions $ en 2017.

Les cadres supérieurs renonceront également à 25 % à 50% de leur salaire, tandis que les membres du conseil d’administration du transporteur ont convenu d’une réduction de 25 %. Tous les autres gestionnaires d’Air Canada verront leur salaire réduit de 10 % au deuxième trimestre.