Les banques anticipent une récession au Canada en 2020

Selon le directeur parlementaire du budget, «la quasi-totalité des pertes liées à l’interruption de l’activité dans le secteur ferroviaire devrait être récupérée d’ici mai».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon le directeur parlementaire du budget, «la quasi-totalité des pertes liées à l’interruption de l’activité dans le secteur ferroviaire devrait être récupérée d’ici mai».

La Banque Royale s’attend à ce que le Canada tombe en récession plus tard cette année, l’économie souffrant des répercussions de la COVID-19 ainsi que la chute des prix du pétrole.

L’institution financière table sur une croissance du PIB de 0,8 % au premier trimestre. L’économie devrait ensuite se contracter lors des deux trimestres suivants. Sur une base annualisée, la banque anticipe une baisse du PIB de l’ordre de 2,5 % au deuxième trimestre et de 0,8 % au troisième trimestre.

Ses prévisions tiennent compte des répercussions provoquées par la propagation du nouveau coronavirus d’ici la fin du premier semestre. Une reprise sera freinée par la déprime des prix du brut. D’ailleurs, les producteurs de pétrole et de gaz naturel du Canada continuaient de réduire leurs budgets de dépenses en immobilisations et les paiements à leurs investisseurs dans la foulée du plongeon des prix du pétrole de cette semaine.

Vendredi, c’était au tour d’ARC Resources, établie à Calgary, d’annoncer qu’elle réduirait son budget de dépenses pour 2020 en le faisant passer de 500 millions à 300 millions, au plus, et qu’elle ferait passer son dividende mensuel de 5 ¢ à 2 ¢. Tard jeudi, Husky Energy a annoncé qu’elle réduirait ses dépenses en capital cette année de 900 millions pour les faire passer à environ 2,4 milliards, et a indiqué qu’elle chercherait à trouver 100 millions supplémentaires par l’entremise de mesures de réductions de coûts.

Les coupes surviennent au moment où l’épidémie de coronavirus érode la demande mondiale d’énergie, et où une guerre des prix entre les principaux producteurs d’Arabie saoudite et de Russie menace d’inonder le marché du pétrole avec des barils à bas prix.

L’économie devrait toutefois se redresser au cours des trois derniers mois de l’année, selon la Royale.

La Banque CIBC a fait écho aux commentaires de la Royale dans son propre rapport, faisant valoir, elle aussi, que le Canada est probablement au bord d’une récession. « Nous prévoyons une baisse de la production aux deuxième et troisième trimestres aux États-Unis et au Canada », a-t-elle indiqué.

130 M$ 
C’est la baisse de revenus enregistrée par des entreprises en raison du blocus ferroviaire, selon le DPB

Barricades

S’ajoutent à l’équation les effets du blocus ferroviaire. Le directeur parlementaire du budget (DPB) a rendu publique vendredi son estimation des répercussions économiques et financières de la perturbation, en février 2020. Selon le DPB, les perturbations ferroviaires coûteront à l’économie canadienne 275 millions en 2020, ce qui représente 0,01 % du PIB, l’effet de ces perturbations se faisant surtout ressentir au premier trimestre.

« La quasi-totalité des pertes liées à l’interruption de l’activité dans le secteur ferroviaire devrait être récupérée d’ici mai, mais l’économie subira tout de même des coûts modestes en raison des déplacements de passagers et des activités portuaires annulés », a déclaré Yves Giroux.

Plus en détail, le blocus a causé une baisse de 130 millions des revenus des entreprises et a touché près de 800 emplois en 2020. Dans ses calculs, le DPB a tenu compte des répercussions directes des perturbations sur le transport ferroviaire, l’activité portuaire et le transport urbain. Il a aussi pris en considération les répercussions indirectes, notamment les conséquences pour d’autres industries, en se fondant sur les liens entre ces industries et le secteur des transports. Enfin, l’estimation du DPB comprend les effets sur les autres secteurs de l’économie.

Avec Le Devoir


L’ACEUM ratifié

Le leader du gouvernement en Chambre a annoncé vendredi que les députés avaient adopté le projet de loi pour ratifier l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, et que le Sénat devait emboîter le pas plus tard vendredi. Pablo Rodriguez a fait l’annonce alors qu’il détaillait un accord entre les partis aux Communes pour suspendre les travaux de la Chambre jusqu’en avril, afin de ralentir la propagation de l’épidémie de COVID-19. Le Canada est le seul des trois signataires nord-américains à ne pas avoir encore ratifié l’accord commercial, pierre angulaire du programme commercial du président américain, Donald Trump. Une fois que le Sénat aura approuvé le projet de loi, il obtiendra la sanction royale de la gouverneure générale Julie Payette.