Les compagnies aériennes sont secouées par l'épidémie

Surprise par la rapidité de la propagation du COVID-19, l’Association internationale du transport aérien a revu en hausse son estimation des pertes de revenus dans le transport passagers.
Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse Surprise par la rapidité de la propagation du COVID-19, l’Association internationale du transport aérien a revu en hausse son estimation des pertes de revenus dans le transport passagers.

Les pertes liées à l’expansion de l’épidémie de coronavirus seront plus lourdes que prévu pour les compagnies aériennes. Jeudi, l’industrie accélérait sa chute en Bourse.

Surprise par la rapidité de la propagation du COVID-19, l’Association internationale du transport aérien (IATA, en anglais) a revu en hausse son estimation des pertes de revenus dans le transport passagers. Le 20 février dernier, la facture était évaluée à 30 milliards $US, selon le scénario retenu. Il était toutefois accepté que les compagnies aériennes subiraient une première baisse globale de la demande depuis la Grande Récession ayant suivi la crise financière de 2008.

Cette estimation passe à 63 milliards sur la base d’une épidémie contenue en l’état, à 113 milliards si elle s’étend davantage. Et cela ne vaut que pour le segment passagers, l’analyse se poursuivant pour l’activité cargo. L’IATA, qui représente 290 compagnies aériennes assurant 82 % du trafic aérien mondial, dit que la situation actuelle est sans précédent et retient désormais que les conséquences du COVID-19 sur l’industrie pourraient être similaires à celles subies lors de la crise financière de 2008. À l’interruption de liaisons, à l’inquiétude des voyageurs et à l’annulation de grands événements s’ajoutent des « réservations en avance sévèrement touchées sur des routes débordant celles de la Chine », ajoute l’IATA.

Le premier scénario retient une chute de 11 % des revenus passagers. Selon les marchés, la baisse du nombre de passagers s’élèverait à 24 % en Italie, à 23 % en Chine ou encore à 10 % en Allemagne et en France. Le second prévoit un plongeon de 19 % des revenus passagers et une chute de 23 % de la demande dans les trois grandes zones les plus touchées en Asie, en Europe et au Moyen-Orient. Pour le Canada et les États-Unis, l’IATA chiffre à 10 % le repli du nombre de passagers entraînant une perte de revenus de 21,1 milliards.

L’IATA voit toutefois des adoucisseurs venant notamment de la chute de 13 $US le baril du Brent de la mer du Nord, ce qui pourrait abaisser de 28 milliards la facture en kérosène en 2020 s’ajoutant aux économies découlant d’une consommation moindre de carburant liée à une activité réduite. S’y greffent les mesures d’économies adoptées par les transporteurs sous forme d’appareils cloués au sol et de réduction des dépenses administratives. Mais ce ne sera pas suffisant, prévient-elle.

On le devine, l’industrie est particulièrement malmenée en Bourse. L’IATA chiffre à 25 % la glissade moyenne du cours des actions depuis l’éclosion de l’épidémie, soit 21 points de pourcentage de plus que le choc subi lors de l’épisode du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), en 2003. Ces actions continuaient d’être malmenées jeudi en Bourse, au cours d’une autre séance mouvementée à Wall Street. United Airlines s’est effondrée de 13,4 %, American Airlines de 13,2 %, JetBlue de 10,8 %, Air Canada de 8,3 % et Delta de 7,2 %.

Pour l’ensemble du marché, les indices de référence ajoutaient à leur glissade. L’indice symbolique de Dow Jones a chuté de 3,6 % et le S&P 500, de 3,4 %, à 3023,94 points.