Malgré l’épidémie, la Bourse repart, se cherchant des appuis

L’Italie a enregistré près de 500 nouvelles contaminations en 24 heures.
Photo: Pau Barrena Agence France-Presse L’Italie a enregistré près de 500 nouvelles contaminations en 24 heures.

Les marchés boursiers nord-américains ont rebondi lundi, inscrivant un gain de quelque 5 %. Les indices de référence cherchaient ainsi un point d’ancrage, jonglant entre l’avancée du coronavirus SRAS-CoV-2 et la promesse d’intervention des banques centrales en soutien à l’activité économique. Car les prévisions de la croissance mondiale, revues à la baisse lundi, devraient s’assombrir davantage si l’épidémie n’est pas contenue au premier trimestre, prévient l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Affichant sa pire séquence hebdomadaire depuis la crise financière de 2008, Wall Street est entrée dans une phase de correction la semaine dernière, cumulant une perte de quelque 12 % en cinq séances. Les indices de référence osaient cependant une reprise lundi, encouragés par l’annonce d’un rendez-vous téléphonique, mardi, des banquiers centraux et ministres des Finances du G7 afin de coordonner leur action face aux effets du COVID-19. Les ministres des Finances de la zone euro doivent également tenir une réunion téléphonique mercredi.

À la Bourse de New York, le Dow Jones s’est envolé de 5,1 %, à 26 703,32 points. Le Nasdaq, à forte saveur technologique, a repris 4,5 % à 8952,17 points et le S & P 500, référence à Wall Street, en rajoutait avec un bond de 4,6 %, à 3090,23 points. À Toronto, le saut du S & P / TSX s’est chiffré à 290,21 points, ou de 1,8 %, à 16 5543,26. La séance avait débuté en Europe avec des marchés limitant leurs pertes. La Bourse de Paris a clôturé en hausse de 0,4 % et celle de Londres de 1,1 %. Francfort a cédé de son côté 0,3 %, tandis que Milan a connu une nouvelle séance de forte baisse (-1,5 %), l’Italie ayant enregistré près de 500 nouvelles contaminations en 24 heures.

Avant l’annonce des banquiers centraux, les marchés déprimaient au rythme des fermetures d’usines, des réductions de vols des compagnies aériennes et d’annulations d’événements grand public. Nombre de multinationales prévenaient que leurs résultats allaient en pâtir, sur fond de baisse des prévisions de croissance mondiale.

Économie menacée

Dans son rapport coiffé du titre Coronavirus, l’Économie mondiale menacée, l’OCDE a mis en garde contre les risques de récession. En tablant sur l’hypothèse que le pic épidémique sera atteint en Chine au premier trimestre 2020 et que l’épidémie sera modérée et circonscrite dans les autres pays, la croissance annuelle du PIB mondial pourrait être ramenée à 2,4 % en 2020 en partant du chiffre déjà faible de 2,9 % enregistré en 2019, pour enregistrer sa pire performance depuis la grande récession de 2009. « Elle pourrait même peut-être être négative au premier trimestre de 2020 », ajoute l’OCDE.

La croissance mondiale pourrait tomber à 1,5 % en 2020

Le gros de la révision à la baisse concerne la Chine, qui voit sa croissance prévue passer à 4,9 % cette année, en recul de 0,8 point par rapport aux prévisions de novembre et de 1,2 point de pourcentage comparativement à la progression de 6,1 % mesurée en 2019. L’effet se veut toutefois généralisé avec des révisions de croissance abaissée de 0,3 point (à 1,3 %) au Canada par rapport au scénario de novembre, également de 0,3 point (à 0,8 %) dans la zone euro, certains pays partageant la monnaie unique comme l’Allemagne et l’Italie flirtant alors avec la récession. Pour les États-Unis, la prévision est abaissée de seulement 0,1 point, à 1,9 %.
 

« Une épidémie plus durable et plus importante de coronavirus, qui se propagerait à la région Asie-Pacifique, à l’Europe et à l’Amérique du Nord, assombrirait considérablement l’horizon. Dans cette hypothèse, la croissance mondiale pourrait tomber à 1,5 % en 2020, la moitié du taux de croissance prévu avant la survenue de l’épidémie », écrit l’OCDE.