Wall Street replonge

Wall Street cumule un recul de 7% depuis le début de la semaine.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Wall Street cumule un recul de 7% depuis le début de la semaine.

Les bourses ont poursuivi leur glissade mardi, emportées par l’extension de l’épidémie de COVID-19 hors de Chine. Wall Street cumule un recul de 7 % depuis le début de la semaine.

Le Dow Jones a chuté de 3,2 %, à 27 081,36 points mardi, ajoutant à son plongeon de 3,6 % observé lundi. Le Nasdaq a greffé 2,8 % à sa perte de 3,9 % de lundi, pour terminer 8965,61. L’indice de référence S & P 500 a lâché 3 %, après 3,3 % lundi, pour clôturer à 3128,21.

Sur Bay Street, Toronto enregistrait mardi sa pire séance en quatre ans et demi. Le S & P/TSX a perdu 385,37 points, soit 2,2 %, pour clôturer à 17 177,37 points, comptabilisant sa plus forte baisse en une seule journée depuis août 2015.

Ce brusque retour de la volatilité a poussé l’indice VIX à 27,85 points, un bond de 11,3 % en séance. Depuis lundi « l’indice de la peur », mesurant la volatilité du S & P 500, a bondi de plus de 10 points, ou de 57 %. À la recherche de valeur refuge, les investisseurs se sont tournés vers les obligations américaines, poussant les taux à leur bas historique. Le taux sur l’échéance de 10 ans est descendu mardi à 1,3055 %. Celui sur les bons du Trésor américain à 30 ans est venu chatouiller 1,7852 %, également un bas historique.

Scénario de pandémie mondiale

Selon Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services, les acteurs du marché s’alarment devant l’apparition de nombreux foyers de contamination hors de Chine laissant craindre une propagation à grande échelle. Ils évaluent également l’incidence d’un scénario de pandémie à l’échelle planétaire. Pour l’heure, les analystes retiennent pour les deux plus grandes économies de la planète une révision à la baisse, de 5,9 à 5,5 %, de la croissance du PIB chinois cette année et un recul de 25 points de base de la progression du PIB américain attendue cette année, à 1,5 %. Si l’épidémie s’étend à l’ensemble de l’Asie, la croissance du PIB américain serait retranchée d’un autre 0,2 point de pourcentage, estime la firme de recherche Oxford Economics. Dans un scénario de pandémie mondiale, l’économie américaine plongerait en territoire de récession en 2020.

Pour l’instant, les perspectives d’un rebond rapide s’éloignent au moment où de plus en plus d’entreprises annoncent qu’elles s’attendent à pâtir des conséquences économiques de l’épidémie, retient-on. « C’est la durée du coronavirus et les conséquences du ralentissement de la chaîne d’approvisionnement » qui pèsent sur les marchés, a ajouté Frédéric Rozier, gérant de portefeuille à Mirabaud France.

L’analyste Jim Paulsen, du cabinet de Minneapolis Leuthold Group, se veut plus pondéré. À ses yeux, l’épidémie a servi de « catalyseur » à une correction qui apparaissait déjà dans les cartes après la forte poussée de 2019, une éventualité qu’avait déjà évoquée Goldman Sachs. « L’issue la plus probable, croit-il, est que nous allons avoir un choc de croissance, principalement en Chine et pour d’autres entités qui lui sont directement liées. Mais nous aurons probablement récupéré l’essentiel aux deuxième et troisième trimestres », peut-on lire dans un texte de Reuters.

Avec l’Agence France-Presse