Bombardier s’enfonce à nouveau en Bourse

Bombardier, dont la dette atteint 9 milliards $US, se trouve dans la cinquième année d’un plan de restructuration.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Bombardier, dont la dette atteint 9 milliards $US, se trouve dans la cinquième année d’un plan de restructuration.

L’action de Bombardier a connu une deuxième journée difficile en Bourse vendredi, un recul de 8 % qui a commencé en milieu de journée après qu’une deuxième agence de crédit, Standard & Poor’s, a annoncé la réduction de ses perspectives pour l’entreprise. Le titre a terminé la séance à 1,12 $.

Cette nouvelle baisse vient s’ajouter à la dégringolade de 32 % vécue jeudi, dans la foulée d’une annonce de Bombardier concernant le fait qu’elle doit réviser ses prévisions pour 2019, réévaluer sa participation dans la coentreprise A220 avec Airbus et étudier des « options stratégiques » pour redresser son bilan financier.

Bombardier, dont la dette atteint 9 milliards $US, se trouve dans la cinquième année d’un plan de restructuration qui s’est soldée par un retrait de l’aéronautique commerciale pour concentrer les efforts sur les avions d’affaires et la division du matériel roulant. Or, celle-ci connaît des problèmes avec certains contrats au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse, ce qui entraîne des coûts supplémentaires.

Au 31 décembre 2019, a cependant précisé Bombardier, le carnet de commandes des avions d’affaires est de 14,4 milliards $US, comparativement à 35,7 milliards $US pour la division transport.

« Nous sommes moins convaincus que la compagnie peut générer, au cours des prochaines années, un flux de trésorerie suffisant pour réduire de manière significative son endettement et gérer ses risques de refinancement », a écrit Standard and Poor’s vendredi matin. L’agence a fait passer ses perspectives de stables à négatives, à l’instar de ce que Moody’s a fait jeudi.

« La bonne nouvelle, c’est que le carnet de commandes tel qu’annoncé jeudi est quand même intéressant », a dit Yan Cimon, professeur de stratégie à l’Université Laval et directeur sortant du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprises, la logistique et le transport. Cependant, les problèmes de la division transport et le retard de certaines livraisons d’avions d’affaires font en sorte qu’« il y a des flux monétaires qui étaient prévus, mais qui n’entrent pas ».

Selon un analyste de Valeurs Mobilières Desjardins, Benoît Poirier, l’étude d’options stratégiques chez Bombardier « pourrait inclure la vente potentielle de Bombardier Aéronautique ou de Bombardier Transport et/ou un financement en capital-actions », a-t-il écrit dans une note aux clients vendredi.

Bombardier précisera ses plans le 13 février prochain lors de la publication de ses résultats du quatrième trimestre et de l’année financière 2019. Airbus présentera les siens le même jour.

Pas d’incidence sur les employés

Le retrait de Bombardier de la coentreprise avec Airbus n’aurait « aucune incidence » sur les travailleurs du programme A220, a par ailleurs souligné vendredi le syndicat des Machinistes. Bombardier possède 33,58 %, comparativement à 50,06 % pour Airbus et 16,36 % pour Investissement Québec.

Depuis qu’Airbus a pris le contrôle du programme C Series en 2018, le nombre d’employés à Mirabel est passé de 2000 à 2700. « L’entente de réciprocité convenue en 2018, prévoyant des passerelles pour les travailleurs syndiqués de Bombardier Aéronautique et de la Société en commandite A220, sera maintenue, même si Bombardier se départit de ses parts dans le partenariat », ont indiqué les Machinistes.