Le Québec se démarque par son efficacité énergétique

Selon un rapport d’Efficacité énergétique Canada, le Québec est au premier rang au pays pour l’immatriculation de véhicules électriques et hybrides par rapport au nombre total de véhicules, et pour la disponibilité des bornes de recharge publiques.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Selon un rapport d’Efficacité énergétique Canada, le Québec est au premier rang au pays pour l’immatriculation de véhicules électriques et hybrides par rapport au nombre total de véhicules, et pour la disponibilité des bornes de recharge publiques.

Le Québec se tient parmi les premiers de classe au Canada dans un segment, l’efficacité énergétique, où il reste encore beaucoup à faire. Il occupe le deuxième rang global pour l’électrification des véhicules et les économies de gaz naturel.

Le deuxième rang accordé au Québec, derrière la Colombie-Britannique, vient du premier bulletin des politiques provinciales en matière d’efficacité énergétique compilé par l’organisme Efficacité énergétique Canada, lancé l’an dernier par le Centre de recherche sur l’énergie durable de l’Université Carleton, à Ottawa.

L’on retient que le Québec est au premier rang au Canada pour l’immatriculation de véhicules électriques et hybrides par rapport au nombre total de véhicules, et pour la disponibilité des bornes de recharge publiques sur les routes. Le Québec est également la seule province « à s’être fixé un objectif d’économies d’énergie pour les carburants utilisés dans les transports ». S’y greffent les programmes d’économie d’énergie mis en place par Énergir et par Transition énergétique Québec. « Ils ont permis d’économiser 1,3 % des ventes de gaz naturel en 2018, ce qui se rapproche du meilleur résultat en Amérique du Nord », soit le Minnesota, qui a affiché une économie de 1,4 % en 2017.

Le Québec a toutefois encore du retard à rattraper dans le segment des bâtiments à haut rendement énergétique. Efficacité énergétique Canada soulève que la plus récente mise à jour du code pour les bâtiments commerciaux et institutionnels du Québec remonte à 1983. Aussi, les ambitions du gouvernement en matière d’électrification des transports et des bâtiments « pourraient nécessiter entre 125 et 185 TWh d’énergie supplémentaires d’ici 2050 », ce qui suggère la construction d’infrastructures plus coûteuses à l’avenir sans offensive plus musclée du côté des économies d’électricité.

Aux États-Unis

Ce bulletin canadien s’inspire d’une initiative similaire menée aux États-Unis depuis une quinzaine d’années. Dans son édition 2019, l’organisation à but non lucratif American Council for an Energy Efficient Economy (ACEEE) fait ressortir un engagement accru des États américains en matière d’efficacité énergétique. Le Massachusetts et la Californie dominent le classement, tandis que le Maryland se situe parmi les États ayant affiché la plus forte amélioration. Le Kentucky a trébuché dans un classement 2019 plaçant le Dakota du Nord et le Wyoming en queue de peloton.

« L’Agence internationale de l’énergie [AIE] estime que 40 % des engagements de réduction des émissions de GES pris dans le cadre de l’Accord de Paris peuvent être respectés grâce à des mesures d’efficacité énergétique », souligne Efficacité énergétique Canada. Aux États-Unis seulement, l’ACEEE estime que ces mesures réduiraient les gaz à effet de serre de 50 % et livreraient plus de 700 milliards $US en économie d’énergie en 2050.

Nous sommes toutefois loin du compte. L’AIE disait au début de novembre qu’à 1,2 %, l’efficacité énergétique n’a jamais progressé aussi lentement qu’en 2018, sur une période de dix ans. Ces progrès sont à la baisse depuis 2016, ajoute-t-elle. L’agence avance la cible requise de progression annuelle de 3 %, dont l’atteinte est possible avec la technologie existante dans le bâtiment, l’industrie ou les transports. Mais les événements météorologiques extrêmes, tels le froid exceptionnel aux États-Unis ou la chaleur estivale inhabituelle en Europe, sont venus agir tel un frein, pouvait-on lire dans un texte de l’Agence France-Presse.