Moody’s s’inquiète de l’endettement mondial

Plus pessimiste, Moody’s a également ramené à 2,6% ses prévisions de croissance mondiale cette année et l’an prochain, contre 3% en 2018.
Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse Plus pessimiste, Moody’s a également ramené à 2,6% ses prévisions de croissance mondiale cette année et l’an prochain, contre 3% en 2018.

Après le FMI, Moody’s s’inquiète à son tour de l’endettement mondial. Y voyant un potentiel de choc économique ou financier, l’agence new-yorkaise abaisse la perspective sur la dette des pays de stable à négative.

En appui de son évaluation de la dette souveraine mondiale, Moody’s a évoqué une situation politique inédite. « Il y a peu de points positifs et le risque de voir émerger davantage de points négatifs augmente », a repris Reuters. Moody’s craint également une inversion des mouvements de capitaux qui pourrait affecter davantage les économies les plus fragiles.

L’agence fait observer une hausse des tensions géopolitiques. Pas seulement entre la Chine et les États-Unis, mais également dans le golfe Persique, entre le Japon et la Corée du sud, entre l’Inde et le Pakistan, entre les États-Unis et l’Union européenne, entre l’UE et la Grande-Bretagne… « Un climat général de plus en plus tendu risque d’accroître le risque de crise tout en réduisant les moyens d’y faire face », peut-on lire dans le texte de Reuters. Moody’s évalue la dette publique de 142 pays, totalisant 63 200 milliards de dollars américains.

Nouveau bilan

Jeudi dernier, le Fonds monétaire international (FMI) publiait un nouveau bilan, plus global, de l’endettement mondial. Secteurs privé et public cumulés, cette dette est en hausse de 15 % par rapport à l’estimation d’avril 2018, à 188 000 milliards, soit environ 230 % du PIB mondial.

Le secteur privé est un des principaux moteurs de cette accumulation, qui représente actuellement près des deux tiers du niveau total de la dette, soulignait le FMI. Quant à la dette souveraine, celle des économies avancées se situe à des niveaux inédits depuis la Seconde Guerre mondiale alors que « la dette publique des marchés émergents a atteint les niveaux enregistrés lors de la crise de la dette des années 1980. Et le fardeau de la dette des pays à faible revenu a fortement augmenté au cours des cinq dernières années », déplorait la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

Plus pessimiste, Moody’s a également ramené à 2,6 % ses prévisions de croissance mondiale cette année et l’an prochain, contre 3 % en 2018. Pour sa part, le FMI parlait en octobre dernier d’un ralentissement synchronisé, tout en révisant à la baisse, à 3 %, la croissance mondiale attendue en 2019. Il s’agissait du rythme le plus lent depuis la crise de 2008, et d’un sérieux recul par rapport aux 3,8 % de 2017, année où l’économie mondiale connaissait alors un redressement synchronisé.

« En 2020, la croissance mondiale devrait s’améliorer légèrement pour atteindre 3,4 %, ce qui correspond à une révision à la baisse de 0,2 % de nos projections d’avril », a ajouté l’institution de Washington.

Avec l’Agence France-Presse