Le voyagiste Thomas Cook à deux doigts de la faillite

Le groupe doit trouver 200 millions de livres cette fin de semaine, ou bien il devra se placer sous le régime des faillites au Royaume-Uni.
Photo: Maarten Visser Flickr Le groupe doit trouver 200 millions de livres cette fin de semaine, ou bien il devra se placer sous le régime des faillites au Royaume-Uni.

Le voyagiste britannique Thomas Cook a engagé une course contre la montre afin de trouver du financement supplémentaire cette fin de semaine et d’éviter une retentissante faillite et un rapatriement massif et coûteux de touristes.

Le groupe a été contraint de reconnaître vendredi dans un bref communiqué qu’il avait besoin de 200 millions de livres (330 millions $CAN) de plus, après de récentes informations de presse alarmistes sur son état de santé.

Le spécialiste des voyages clé en main doit trouver cet argent frais ce week-end, ou bien il devra se placer sous le régime des faillites au Royaume-Uni.

Une source proche du dossier a confirmé à l’AFP des informations du Financial Times selon lesquelles Thomas Cook négociait vendredi dans l’urgence avec plusieurs investisseurs potentiels, dont le gouvernement britannique, pour tenter de trouver les fonds manquants.

« Un plan de sauvetage du groupe par l’État serait très controversé, mais permettrait au gouvernement d’économiser des centaines de millions de dollars en coûts escomptés » s’il fallait rapatrier les clients du voyagiste bloqués, écrit le Financial Times.

Un dépôt de bilan du groupe obligerait en effet à rapatrier immédiatement les 600 000 touristes qui sont actuellement en vacances avec Thomas Cook, dont 150 000 Britanniques, selon des sources proches du dossier. Ses clients proviennent majoritairement du Royaume-Uni et d’Allemagne.

Le coût de cette opération, qui serait d’une ampleur quasi inédite, atteindrait plusieurs milliards de livres, dont 600 millions pour la partie britannique à la charge des autorités.

L’Autorité britannique de l’aviation civile a indiqué à l’AFP qu’un plan d’urgence était en place en cas de faillite de Thomas Cook, sans en révéler les détails.

Ce serait l’opération de rapatriement la plus spectaculaire pour le Royaume-Uni depuis la faillite de la compagnie aérienne Monarch en octobre 2017, au cours de laquelle le gouvernement avait organisé en catastrophe le retour de 110 000 passagers.

Une faillite de Thomas Cook, avec la possibilité que le groupe ne puisse pas se relever, menacerait en outre les 22 000 personnes employées dans le monde, dont 9000 au Royaume-Uni. Ses agences de voyage devraient également baisser le rideau.

S’il obtient les fonds nécessaires, Thomas Cook compte mettre la dernière main à son plan de restructuration après avoir trouvé récemment un accord pour céder le contrôle de son activité de voyagiste et une partie de sa compagnie aérienne au chinois Fosun.

Le voyagiste, né il y a 178 ans, connaît des difficultés financières persistantes à cause de la concurrence et d’un environnement économique incertain.