Huawei lance son premier téléphone «zéro Google»

«À cause de l’interdiction américaine sur certains téléphones, GMS [Google Mobile Services, une série d’applications développées par Google] ne peut pas être pré-installée et nous proposons HMS [Huawei Mobile Service]», a annoncé le p.-d.g. de Huawei, Richard Yu.
Photo: Matthias Schrader Associated Press «À cause de l’interdiction américaine sur certains téléphones, GMS [Google Mobile Services, une série d’applications développées par Google] ne peut pas être pré-installée et nous proposons HMS [Huawei Mobile Service]», a annoncé le p.-d.g. de Huawei, Richard Yu.

Le géant chinois de la téléphonie Huawei a lancé jeudi à Munich son nouveau téléphone intelligent haut de gamme, le premier à être touché par les sanctions américaines et qui est donc privé des populaires applications de Google. Pour le Mate 30 et le Mate 30 pro, pas de moteur de recherche Google intégré ni de YouTube, mais « Huawei Browse » et « Huawei Music Video », ce qui en fait le premier téléphone haut de gamme « désaméricanisé » de la marque.

Huawei, pris directement pour cible par les États-Unis sur fond de bras de fer commercial avec la Chine, a été inscrit en mai par Washington sur une liste noire. Les sociétés américaines de services et de composants sont désormais soumis à l’interdiction de commercer avec la firme chinoise, accusée par le président américain, Donald Trump, de velléités d’espionnage.

« À cause de l’interdiction américaine sur certains téléphones, GMS [Google Mobile Services, une série d’applications développées par Google] ne peut pas être pré-installée et nous proposons HMS » [Huawei Mobile Service], une série d’applications développées par Huawei, a reconnu lors du lancement international de l’appareil Richard Yu, le patron de Huawei Consummer, la branche grand public du géant chinois.

La saga se poursuit

Le feuilleton techno-diplomatique prend un nouveau tour alors que la firme de Shenzen, dans le sud-est de la Chine, passe du statut de client de Google à celui de rival. M. Yu a ainsi annoncé un investissement de « plus d’un milliard de dollars » pour « aider les développeurs d’applications » mobiles et ainsi parer à la dépendance du grand public vis-à-vis des services du géant américain.

45 000
C’est le nombre d’appplications que propose pour l’instant Huawei sur son Mate 30 via son propre magasin, « Huawei App Gallery ».

Car sans la certification Google et surtout le précieux « Play Store » de la firme américaine, et devant l’impossibilité pour l’utilisateur de télécharger ses applications favorites comme il le ferait sur un Samsung, le téléphone chinois pourrait s’avérer quasi inutilisable. Les distributeurs, notamment en France, hésiteraient donc à le proposer à leurs clients, de peur de se le voir retourner après quelques heures, rapporte la presse spécialisée.

Pour le moment, Huawei propose sur le Mate 30 une version de son propre magasin « Huawei App Gallery », doté de « 45 000 applications ».Dans le cas où la guerre commerciale s’enliserait, Huawei compte développer un écosystème technologique lui assurant une totale souveraineté en ce qui concerne ses logiciels d’exploitations (OS), y compris les magasins d’applications, sur lesquels règnent sans partage Google et Apple.

La firme de Shenzen a présenté en début de mois HarmonyOS, son propre système d’exploitation, susceptible de remplacer Android sur ses appareils, mais qui n’équipera pas encore le Mate 30. Faute d’un système 100 % chinois rapidement au point et capable de séduire rapidement des utilisateurs en dehors du continent asiatique, le président du directoire tournant de Huawei, Eric Xu, pousse aussi pour une solution de rechange européenne à l’Android de Google et l’iOS d’Apple.