La France freine la libra

Le ministre des Finances français, Bruno Le Maire, n’a pas hésité à qualifier de «systémiques» les risques que pourrait entraîner cette «privatisation éventuelle d’une monnaie […] détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs sur la planète».
Photo: Eric Piermont Agence France-Presse Le ministre des Finances français, Bruno Le Maire, n’a pas hésité à qualifier de «systémiques» les risques que pourrait entraîner cette «privatisation éventuelle d’une monnaie […] détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs sur la planète».

La France a mis jeudi les bâtons dans les roues dans le projet de cryptomonnaie de Facebook en annonçant qu’elle n’autoriserait pas le développement de la libra « sur sol européen », estimant que la souveraineté des États était en jeu.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, l’a annoncé sans détour à l’OCDE : « Dans ces conditions, nous ne pouvons pas autoriser le développement de la libra sur le sol européen », a-t-il affirmé lors d’une conférence consacrée justement aux défis des cryptomonnaies.

Toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves, pourrait créer des désordres financiers considérables.

Ouvrant les débats, le ministre s’est livré à un réquisitoire très sévère contre la cryptomonnaie que Facebook prévoit de lancer en 2020, allant plus loin que dans ses interventions précédentes où il avait déjà exprimé sa préoccupation concernant la libra.

Considérant que « la souveraineté monétaire des États était en jeu », il n’a pas hésité à qualifier de « systémiques » les risques que pourrait entraîner cette « privatisation éventuelle d’une monnaie […] détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs sur la planète ».

« Toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves, pourrait créer des désordres financiers considérables », a estimé M. Le Maire, redoutant également que la libra se substitue à la monnaie nationale dans les États où la devise est faible ou connaît une forte dévaluation. Le ministre a également exprimé ses craintes de voir la libra échapper au contrôle des États à propos du financement du terrorisme.

« Les commentaires du ministre français de l’Économie soulignent encore plus l’importance de notre travail en cours avec les autorités de régulation et les gouvernements de par le monde », a réagi dans un communiqué le responsable de la communication de la Libra Association, Dante Disparte.