Trump menace la Chine d’une guerre commerciale plus dure

Le président américain, Donald Trump, et son homologue chinois, Xi Jinping
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, et son homologue chinois, Xi Jinping

Donald Trump a menacé mardi Pékin d’une guerre commerciale encore plus dure s’il était réélu, prédisant une hémorragie d’emplois et d’entreprises en Chine tout en faisant fi des industriels américains qui souffrent de sa politique protectionniste.

Il a mis en garde les autorités chinoises contre la tentation de jouer la montre jusqu’aux élections américaines de 2020 dans l’espoir qu’il ne soit pas réélu. « Pensez à ce qui arriverait à la Chine si je gagnais », a-t-il lancé sur Twitter. « Les termes de l’accord seraient BIEN PLUS DURS ! », a-t-il menacé alors que de nouveaux tarifs douaniers renforcés sur des milliards de dollars de produits chinois sont entrés en vigueur dimanche.

« Bien que je sois sûr qu’ils adoreraient négocier avec un nouveau gouvernement afin de continuer “d’arnaquer les États-Unis” (600 milliards de dollars par an), plus de 16 mois, c’est une longue période pour subir une hémorragie d’emplois et d’entreprises à long terme », a ajouté le locataire de la Maison-Blanche.

Côté américain, l’économie, et en particulier l’industrie manufacturière — chère à Donald Trump —, n’est pas épargnée par les tensions avec le géant asiatique. Peu après les tweets présidentiels, l’association professionnelle ISM a d’ailleurs fait état d’une contraction du secteur manufacturier en août, mettant fin à 35 mois de croissance d’affilée. L’indice ISM manufacturier est même tombé à son plus bas niveau depuis janvier 2016, quand Donald Trump avait pris ses fonctions.

« Les questions commerciales demeurent le plus grand problème, qui se reflète dans l’important recul des nouvelles commandes à l’exportation », a expliqué Timothy Fiore, responsable de l’enquête de l’ISM. « Les commentaires des personnes interrogées reflètent une chute notable de la confiance des entreprises », a également souligné l’association ISM. « C’est un rapport bien sombre », a résumé de son côté Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics, notant que l’indice des commandes à l’exportation est tombé au plus bas depuis avril 2009.

Pensez à ce qui arriverait à la Chine si je gagnais. Les termes de l’accord seraient BIEN PLUS DURS !

Bien que Donald Trump impute exclusivement le ralentissement économique à la politique monétaire de la Banque centrale, le monde des affaires déplore la guerre des tarifs douaniers entre les États-Unis et la Chine, soulignant qu’elle affecte non seulement les industriels américains, mais aussi le moral des entrepreneurs en général.

« L’incertitude ne mène in fine à rien de bien », a souligné mardi le président de la Chambre de commerce américaine, Tom Donohue, sur CNBC. L’économie américaine a créé 165 000 emplois en moyenne mensuelle au cours du premier semestre contre 223 000 en 2018. Pour le seul secteur manufacturier, 8000 emplois ont été créés chaque mois, contre 22 000 l’an passé.

La semaine dernière, M. Donohue avait appelé les dirigeants américains à prendre des mesures immédiates pour rétablir la confiance des entreprises et maintenir la croissance de l’économie américaine. « Au milieu de toutes les discussions sur une éventuelle récession, il est important que tout le monde se souvienne de ceci : les expansions économiques ne s’arrêtent pas en raison de causes naturelles », avait-il écrit dans une tribune publiée dans le Washington Post.

« Elles meurent souvent à cause de faux pas et d’erreurs politiques. Et la plus grande erreur que nos dirigeants pourraient commettre à l’heure actuelle — exposant notre économie à un plus grand risque de ralentissement — serait d’accroître l’incertitude », avait-il poursuivi dans ce texte qui exhortait le gouvernement Trump à lever les tarifs douaniers et à reprendre les discussions commerciales avec la Chine « maintenant »