Trump relève les droits de douane sur des produits chinois

La Chine venait d’annoncer son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis, ainsi que le rétablissement d'une taxe de 25 % sur les importations automobiles américaines.
Photo: Chinatopix via Associated Press La Chine venait d’annoncer son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis, ainsi que le rétablissement d'une taxe de 25 % sur les importations automobiles américaines.

Le président Donald Trump en rajoute. En réplique à Pékin, qui ripostait à ses attaques, il a annoncé qu’il relevait le montant des droits de douane américains sur les produits chinois importés aux États-Unis.

Dans des tweets diffusés en soirée, le président américain indique que Washington relève à partir du 1er octobre les tarifs douaniers de 25 % à 30 % sur 250 milliards de dollars de marchandises chinoises. En outre, les 300 milliards de dollars d’importations restantes en provenance de Chine seront taxés à hauteur de 15 % au lieu de 10 % à partir du 1er septembre.


Le représentant au Commerce a précisé que le report au 15 décembre de cette dernière mesure sur une liste de produits de grande consommation était maintenu. Le président avait pris cet engagement la semaine dernière pour épargner les consommateurs américains et leurs achats de fin d’année.

Auparavant, Donald Trump avait effrayé les investisseurs et les entrepreneurs américains en promettant de répondre avec force aux nouveaux droits de douane imposés par Pékin. Wall Street, qui était en hausse, a dévissé peu après une salve colérique de tweets du président américain vendredi matin, et les principaux indices de la première place financière du monde ont fini en forte baisse vendredi soir. Le Dow Jones a chuté de 2,4 %, le Nasdaq et le S&P 500 de 3 %. « Je répondrai aux droits de douane de la Chine cet après-midi », fulminait alors le président.

La Chine venait d’annoncer son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis, en représailles aux taxes douanières supplémentaires que prévoit d’instaurer prochainement Washington. Pour faire bonne mesure, les Chinois ont aussi rétabli une taxe de 25 % sur les importations automobiles américaines.

« Nous n’avons pas besoin de la Chine et, franchement, on se porterait bien mieux sans elle », a écrit le locataire de la Maison-Blanche sur Twitter. Évoquant « les énormes sommes d’argent volées par la Chine aux États-Unis », il a martelé sa détermination à y mettre fin.

Ordre aux entreprises

Dans cette série de messages, Donald Trump « ordonne » par ailleurs aux sociétés américaines de produire ailleurs qu’en Chine, sans préciser par quels moyens il entend contraindre des groupes privés à suivre ses instructions. « J’ordonne à nos merveilleux groupes américains de commencer immédiatement à chercher des solutions de rechange à la Chine, y compris de rapatrier vos sociétés et de fabriquer vos produits aux États-Unis », a-t-il ajouté.

Les entreprises américaines sont engagées massivement en Chine depuis plusieurs décennies, soit sous forme d’investissements directs, de chaînes de production ou simplement comme clients ou fournisseurs.

Depuis un an que M. Trump a déclenché son combat à coups de tarifs douaniers punitifs contre les pratiques commerciales de l’Empire du Milieu qu’il juge « déloyales », nombre d’entreprises américaines ont cherché d’autres options dans des pays voisins à bas coûts. Mais la transition est difficile, coûteuse, et les infrastructures souvent insuffisantes.

La Fédération américaine de la distribution a jugé « irréaliste pour les distributeurs américains de quitter la deuxième économie du monde alors que 95 % des consommateurs vivent en dehors » des États-Unis. La Chambre de commerce américaine a, elle, lancé un appel au calme. « Nous ne voulons pas d’une nouvelle détérioration des relations sino-américaines », explique-t-elle dans un communiqué, qui souligne que les « 40 années de relations commerciales entre nos deux pays ont été pour l’essentiel productives, constructives et mutuellement bénéfiques ».

La guerre commerciale entre les deux premières économies du monde crée énormément d’incertitude, pesant sur la croissance à un moment où l’Europe est fragilisée par les crises politiques en Italie et au Royaume-Uni et par une Allemagne au bord de la récession.

M. Trump aura sans doute des explications à donner à ses collègues du G7, qu’il doit normalement retrouver samedi en France.

Avec Le Devoir