Les subventions aux énergies fossiles repartent à la hausse

Même à 340 milliards $US, les subventions aux énergies fossiles sont en forte baisse par rapport à 2012 et à 2013 quand elles tournaient autour de 600 milliards $US.
Photo: Jacob Ford Odessa American Même à 340 milliards $US, les subventions aux énergies fossiles sont en forte baisse par rapport à 2012 et à 2013 quand elles tournaient autour de 600 milliards $US.

Les subventions publiques au secteur des énergies fossiles ont augmenté de 5 % en 2017 après avoir pourtant reculé pendant trois années de suite, a constaté l’OCDE dans son plus récent rapport rédigé avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Ces appuis à la production et à la consommation de combustibles fossiles ont atteint 340 milliards $US, selon les conclusions de l’OCDE, selon laquelle certains pays ont remis en place des mesures de contrôle des prix pour composer avec la hausse des cours du pétrole.

« La hausse des cours a compliqué la tâche pour les pays qui souhaitaient poursuivre des réformes sur les prix de l’énergie et sur la taxation », a écrit l’OCDE. Cependant, « des pays partout dans le monde » ont continué des travaux dans ce sens. « Par exemple, l’Argentine, l’Inde, l’Indonésie et plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont posé des gestes importants pour réduire leurs subventions énergétiques. »

Le rapport de l’OCDE et de l’AIE, qui couvre 76 économies du monde, a été préparé dans le cadre d’un comité de travail du G20 axé sur la transition énergétique. Même à 340 milliards $US, les subventions publiques aux énergies fossiles sont en forte baisse par rapport à 2012 et à 2013, quand elles tournaient autour de 600 milliards $US.

Lorsque sont analysés seulement les 36 membres de l’OCDE et leurs huit économies partenaires, on constate que les efforts portant sur la réduction des subventions ont perdu un peu de vitesse, a ajouté l’organisme.

Efforts du Canada

Dès 2009, les pays du G20 se sont donné comme objectif de mettre un terme « progressivement » aux subventions « inefficaces ». Au Canada, les libéraux de Justin Trudeau ont fait campagne sur cet engagement en 2015, mais des écologistes leur reprochent de ne pas avoir posé les gestes jugés nécessaires.

Par ailleurs, la commissaire à l’environnement et au développement durable, Julie Gelfand, a affirmé au mois d’avril 2019 que la définition retenue du terme « inefficace » était si vaste qu’elle ne pouvait guider les évaluations de l’inefficacité des subventions effectuées par les ministères des Finances et de l’Environnement. De plus, selon Mme Gelfand, les travaux du ministère des Finances ne tiennent pas suffisamment compte des enjeux environnementaux et sociaux.

La réduction progressive des subventions passera notamment par une meilleure transparence de l’usage des fonds publics, selon l’OCDE. Six pays membres du G20 ont jusqu’ici complété une évaluation volontaire par les pairs. Le Canada et l’Argentine ont commencé des travaux à ce chapitre et se trouvent en phase préparatoire, a indiqué l’organisme. Les seuls pays qui ont complété ce processus sont les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Mexique, l’Indonésie et l’Italie.

L’OCDE prévient que l’élimination de subventions peut avoir un impact sur des populations plus vulnérables, et que les réformes doivent tenir compte de ces enjeux socio-économiques.

Beaucoup plus, dit le FMI

L’ensemble des subventions aux énergies fossiles atteindrait plutôt 5200 milliards $US, a récemment estimé le Fonds monétaire international, dont l’analyse a porté sur 191 pays. Cela comprend des prix maintenus à un niveau inférieur à ce qu’ils devraient être, de même que les coûts environnementaux.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a affirmé au mois d’avril que « la quasi-totalité des spécialistes du climat sont favorables au principe d’une réforme de la tarification du carbone et de l’énergie » et que les pays doivent saisir « toutes les occasions » pour agir.