Travailleurs temporaires étrangers: les employeurs s’impatientent

L'Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse soutient que son secteur subit des retards en raison d’un changement récent qui fait que les travailleurs migrants doivent se soumettre à un contrôle biométrique.
Photo: Robert F. Bukaty Associated Press L'Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse soutient que son secteur subit des retards en raison d’un changement récent qui fait que les travailleurs migrants doivent se soumettre à un contrôle biométrique.

Certains employeurs qui cherchent à embaucher des travailleurs étrangers temporaires font face à des délais d’attente importants en raison d’une demande accrue cette année.

Le gouvernement fédéral a révélé que le nombre de demandes avait augmenté de près de 25 % par rapport à l’année dernière, ce qui s’explique en partie par le faible taux de chômage au Canada, lui-même attribuable notamment au départ à la retraite des baby-boomers. Les employeurs qui souhaitent embaucher des travailleurs migrants dans la catégorie des « travailleurs peu spécialisés » attendent maintenant plus de 100 jours avant de savoir si leur demande d’évaluation de l’impact sur le marché du travail sera approuvée. Cette évaluation est exigée afin de prouver qu’il n’y a pas de travailleurs canadiens disponibles pour occuper ces emplois. Les délais de traitement pour la catégorie des « postes à haut salaire » sont de 85 jours.

Le ministère de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail soutient qu’il s’attaque aux retards de traitement, notamment en dépensant 3,4 millions pour embaucher plus de fonctionnaires. « Le chômage atteint un plancher sans précédent depuis 1976 », a expliqué Véronique Simard, une porte-parole de la ministre du Travail, Patty Hajdu. Si ce succès économique est bon pour les affaires, il crée également des défis pour les employeurs qui ont du mal à trouver suffisamment de travailleurs pour faire face à la demande. « Le Programme des travailleurs étrangers temporaires continue de faire l’objet partout au Canada d’un nombre croissant de demandes d’évaluation. Conscient de l’urgence de la pénurie de main-d’oeuvre au Québec et dans le reste du Canada, notre gouvernement prend des mesures pour améliorer la prestation de services pour ce programme. »

 
100 jours
C’est la période durant laquelle les employeurs qui souhaitent embaucher des travailleurs migrants dans la catégorie des « travailleurs peu spécialisés » doivent attendre avant de savoir si leur demande d’évaluation de l’impact sur le marché du travail sera approuvée.

Gerald Amirault, porte-parole de l’Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, soutient que son secteur subit des retards supplémentaires du côté de l’immigration en raison d’un changement récent qui fait que les travailleurs migrants doivent se soumettre à un contrôle biométrique. Or, selon lui, les ministères du Travail et de l’Immigration ne communiquent pas entre eux dans ces dossiers, ce qui provoque davantage de frustrations. Leah Nord, de la Chambre de commerce du Canada, a déclaré que les retards dans l’embauche de travailleurs étrangers temporaires auront des conséquences financières importantes pour certaines entreprises. L’organisme souhaite une modernisation du mécanisme, notamment par la mise en place d’un programme « d’employeur de confiance » — des entreprises qui respectent toutes les règles.

En 2017, l’ancien vérificateur général Michael Ferguson avait fait part de ses préoccupations concernant la gestion du Programme des travailleurs étrangers temporaires — notamment des employeurs qui embauchent des migrants sans démontrer au préalable qu’ils avaient épuisé toutes les autres possibilités. Le gouvernement a alors intensifié les enquêtes auprès des employeurs et a publié les noms de ceux qui ne respectent pas les règles. À ce jour, 168 entreprises ont été citées pour infractions et condamnées à des amendes ou à des interdictions d’utilisation du programme pendant une durée déterminée