Pas de vol avant août pour le 737 MAX?

La flotte de 737 MAX de Boeing a été clouée au sol, le 13 mars, après l’écrasement d’un appareil en Éthiopie.
Photo: Stephen Brashear Agence France-Presse La flotte de 737 MAX de Boeing a été clouée au sol, le 13 mars, après l’écrasement d’un appareil en Éthiopie.

L’association représentant les principales compagnies aériennes ne voit pas les 737 MAX de Boeing voler de nouveau avant août.

L’administration fédérale de l’aviation civile aux États-Unis (FAA) envisage d’autoriser à nouveau le 737 MAX à voler dès fin juin, ont dit des responsables de cette agence à des représentants de l’Organisation de l’aviation civile internationale lors d’une réunion privée la semaine dernière, a repris l’agence Reuters, citant des sources. Or, « nous ne nous attendons pas à quoi que ce soit avant dix à douze semaines pour la remise en service », a soutenu le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA, en anglais), Alexandre de Juniac, à la presse à Séoul, où se déroule l’assemblée générale de l’IATA. « Mais ce n’est pas entre nos mains. C’est entre les mains des régulateurs. »

L’IATA prévoit d’organiser d’ici cinq à sept semaines un séminaire avec les compagnies aériennes, les autorités de régulation et Boeing pour réfléchir aux mesures nécessaires afin que le 737 MAX puisse être de nouveau autorisé à voler, a ajouté Alexandre de Juniac.

Photo: Jim Watson Agence France-Presse Le p.-d.g. de Boeing, Dennis Muilenburg

La FAA a organisé la semaine dernière au Texas une réunion consacrée au MAX avec des autorités de l’aviation civile de 33 pays. Faute de consensus, ces régulateurs se sont quittés sans date de retour en service de l’avion, ce qui n’a pas échappé à Boeing. Le géant de l’aéronautique, qui n’a toujours pas soumis le 737 MAX modifié pour certification, explique également qu’il est en train de travailler avec les compagnies aériennes. Il a notamment conduit des réunions téléphoniques à travers le monde lors des deux dernières semaines pour aider aux préparatifs du retour en service du MAX et travaille avec ses fournisseurs pour éviter toute perturbation.

Dennis Muilenburg, le p.-d.g. de Boeing, a également indiqué mercredi aux milieux financiers à New York qu’il y avait des dissonances entre les compagnies aériennes, dont les programmes de vol d’été, période cruciale pour le secteur, ont été affectés par la crise du 737 MAX. « Certaines voudront reporter la livraison de leurs [nouveaux] appareils », a-t-il déclaré, quand « d’autres nous ont dit qu’elles voudraient prendre possession de leurs avions plus tôt que prévu ».

D’autres excuses

Parallèlement, dans un entretien à la chaîne CBS, M. Muilenburg a une nouvelle fois présenté ses excuses, tout en reconnaissant que les deux catastrophes avaient « nui à la confiance du public » dans le 737 MAX. « Nous sommes désolés pour les pertes de vies dans les deux accidents », a-t-il déclaré dans ce premier entretien accordé à un média depuis l’immobilisation au sol de la flotte de 737 MAX, le 13 mars, après un accident d’un appareil de ce type d’Ethiopian Airlines. « Nous devons nous employer à regagner la confiance des passagers », a insisté le dirigeant devant les investisseurs.

M. Muilenburg a insisté, lui, sur la poursuite du « dialogue » avec la FAA, notamment sur les changements devant être effectués sur le système anti-décrochage MCAS mis en cause dans les deux accidents. Il a reconnu mercredi des « erreurs », notamment de communication, dans le déploiement du signal d’alerte censé avertir des dysfonctionnements du MCAS. Ce signal est censé s’enclencher en cas d’informations erronées transmises par une ou deux sondes d’incidence à ce logiciel.

Selon American Airlines et Southwest, il faut environ 120 heures pour sortir un appareil de l’entrepôt et le préparer — lubrifier les différents systèmes, retirer les protections posées sur les sièges et les ouvertures et effectuer différentes vérifications — pour qu’il soit prêt à voler.

Si le passage sur simulateur est jugé obligatoire, comme le demandent certains pays, le retour en service pourrait être retardé, car il n’y a, par exemple, qu’un seul équipement aux États-Unis et il est la propriété de Boeing.

Avec Le Devoir