Air Canada retire ses 737 MAX jusqu’en août

«Air Canada n’a toujours pas chiffré l’impact financier de tous ces réajustements. Quant à la suite des choses, les décisions finales relatives à la reprise de l’exploitation des 737 MAX seront fondées sur l’évaluation de la sécurité faite par Air Canada», a précisé le transporteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Air Canada n’a toujours pas chiffré l’impact financier de tous ces réajustements. Quant à la suite des choses, les décisions finales relatives à la reprise de l’exploitation des 737 MAX seront fondées sur l’évaluation de la sécurité faite par Air Canada», a précisé le transporteur.

Répondant à l’incertitude créée par l’immobilisation prolongée des Boeing 737 MAX, Air Canada a retiré ces appareils de son horaire au moins jusqu’au 1er août. Le transporteur doit remanier sa carte estivale en conséquence, un exercice compliqué par le report de livraison d’autres 737 MAX, mais il parvient à protéger 96 % des vols prévus.

Déjà, les 24 737 MAX de sa flotte sont cloués au sol depuis l’interdiction imposée par Transports Canada le 13 mars. S’ajoute à cela le fait qu’Air Canada devait recevoir 12 appareils supplémentaires pour porter son parc de 737 MAX à 36 appareils en juillet.

« Étant donné l’immobilisation au sol des appareils 737 MAX de Boeing qui se poursuit, Air Canada modifie prudemment son horaire et met la dernière main à des arrangements afin d’ajouter des appareils et d’amener ses clients à leurs destinations […] Air Canada dispose maintenant d’un horaire et des moyens requis pour répondre aux besoins des voyageurs », a souligné Lucie Guillemette, vice-présidente générale et chef des Affaires commerciales d’Air Canada, par voie de communiqué.

Le retrait des 737 MAX de l’horaire est prolongé au moins jusqu’au 1er août. Pour compenser, Air Canada a obtenu des capacités supplémentaires, regroupé des vols, multiplié les ententes avec ses partenaires, retardé, voire reporté le lancement de nouvelles liaisons.

Depuis l’immobilisation des 737 MAX, « Air Canada a réussi à protéger 96 % des vols prévus au moyen de changements commerciaux stratégiques. Nous avons optimisé le parc aérien actuel, regroupé des vols pour qu’ils soient assurés par des appareils de plus grande taille et prolongé des contrats de location d’appareils que nous prévoyions de rendre. En tirant parti de notre vaste réseau mondial et en concluant des ententes avec Lufthansa, notre partenaire commercial Star Alliance, et d’autres transporteurs, nous sommes maintenant en mesure d’offrir une capacité supplémentaire suffisante pour répondre aux besoins de nos clients en matière de voyages cet été », a ajouté Mme Guillemette.

Air Canada n’a toujours pas chiffré l’impact financier de tous ces réajustements. Quant à la suite des choses, « les décisions finales relatives à la reprise de l’exploitation des 737 MAX seront fondées sur l’évaluation de la sécurité faite par Air Canada à la suite de la levée des avis sur la sécurité du gouvernement et de l’approbation des autorités réglementaires internationales », a précisé le transporteur.

La remise en service et la reprise des livraisons des Boeing 737 MAX demeurent inconnues. Jeudi, le régulateur aérien américain FAA a convié ses homologues à Washington le 23 mai pour discuter de l’appareil avant de l’autoriser à voler à nouveau. Des invitations ont été envoyées à des représentants de différents pays, dont la Chine, le Canada, le Brésil, l’Éthiopie, l’Indonésie et des pays européens. Les constructeurs aéronautiques et les compagnies aériennes n’ont pas été conviés. Un porte-parole de la FAA a ajouté que des experts seraient présents pour répondre aux questions techniques, mais sans préciser leur degré d’indépendance face à Boeing.

La FAA entend discuter des changements apportés par Boeing au système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans l’accident d’un 737 MAX 8 d’Ethiopian Airlines le 10 mars, qui a fait 157 morts, et dans celui de Lion Air le 28 octobre, qui a tué les 189 passagers et membres d’équipage.

Cette réunion « est un effort nécessaire pour la FAA pour regagner la confiance de la communauté internationale de l’aviation civile, notamment pour ce qui est de sa procédure de certification », estime Jim Hall, ancien patron du NTSB, l’autre régulateur du secteur aérien américain.

Boeing n’avait pas encore soumis les modifications du système de stabilisation MCAS à la FAA mercredi, selon une source gouvernementale. Mais il entend le faire d’ici la mi-mai et espère voir voler à nouveau le 737 MAX en juillet, selon une source industrielle.

Avec l’Agence France-Presse