Pierre Karl Péladeau rachète des actifs de Taxelco, la maison mère de Téo Taxi

Pierre Karl Péladeau a mentionné son intention de revoir le modèle d’affaires de Taxelco une fois la transaction réalisée, ce qui devrait être le 31 mai prochain.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Pierre Karl Péladeau a mentionné son intention de revoir le modèle d’affaires de Taxelco une fois la transaction réalisée, ce qui devrait être le 31 mai prochain.

Pierre Karl Péladeau entend revoir le modèle d’affaires de Taxelco, dont il pourra acheter les actifs à la fin du mois de mai. La transaction lui permettra de mettre la main sur Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, ainsi que sur Téo Techno. L’homme d’affaires espère que les voitures de Téo Taxi pourront reprendre la route aussitôt que possible.

Impliqué à titre personnel dans le dossier, le président et chef de la direction de Québecor a indiqué jeudi que l’offre d’achat finale déposée par Placements Saint-Jérôme auprès du contrôleur de Taxelco avait été acceptée.

En mêlée de presse, M. Péladeau a mentionné son intention de revoir le modèle d’affaires de Taxelco une fois la transaction réalisée, ce qui devrait survenir le 31 mai prochain.

« Tous les modèles d’affaires ne sont pas nécessairement parfaits. Nous savons qu’il y avait un certain nombre de failles, notamment sur le modèle précédent. Entre-temps aussi, on sait que les véhicules se sont améliorés en matière d’autonomie. Il va falloir faire l’acquisition d’une nouvelle flotte, a-t-il souligné. Mais l’intention est effectivement de faire renaître, à partir de la bonne et brillante idée qui était celle qui a présidé à l’origine et à la naissance de Téo, un nouveau service qui va être calqué sur les bases antérieures. »

Les voitures électriques

L’homme d’affaires a expliqué que ce sont les applications numériques et l’utilisation de l’électricité pour les véhicules de Téo, « une source d’énergie propre », qui l’avaient incité à s’engager dans cette acquisition : « Selon moi, c’est l’avenir », a-t-il dit.

Il a soutenu qu’une transition serait nécessaire pour les flottes de Taxi Diamond et de Taxi Hochelaga, qui devront se convertir aux véhicules électriques. « Ça ne se fera pas en une fin de semaine. Ça ne se fera pas en un mois. Ça se fera sur une période qu’on aura l’occasion de déterminer dans les semaines qui viennent. »

Tous les modèles d’affaires ne sont pas nécessairement parfaits

Rappelons que plus d’une centaine de voitures de Téo ont été envoyées en Ontario en février dernier pour être vendues aux enchères.

M. Péladeau n’a pas voulu préciser combien de chauffeurs et de permis seraient touchés par la révision du modèle d’affaires. Rappelons que les chauffeurs de taxi ne sont pas des salariés, mais des travailleurs autonomes. Quant aux employés du centre de répartition, ils continueront leur travail, a-t-il cependant ajouté.

Pour l’instant, Pierre Karl Péladeau ignore quand les voitures de Téo Taxi recommenceront à rouler dans les rues de Montréal. « Le plus tôt possible, a-t-il dit. Mais les bases du service sont solides avec l’existence d’une application, un produit qui est amené à croître. »

 M. Péladeau n’a pas voulu divulguer le montant de la transaction.

Mis sur pied par l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, Téo Taxi a cessé ses activités en janvier dernier, forçant quelque 450 chauffeurs salariés à se trouver un autre emploi. M. Taillefer avait déploré le carcan réglementaire et réclamé une modernisation de l’encadrement législatif de cette industrie.

Taxelco traîne une dette totalisant 36 millions de dollars, dont 21,4 millions en créances garanties. La Banque Nationale est son plus important créancier, pour un montant de 11,7 millions de dollars.

Les représentants de l’industrie du taxi, dont le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), ont souhaité la bienvenue à M. Péladeau jeudi. Ils en ont profité pour lui demander une rencontre afin de discuter des impacts du projet de loi 17 qui propose notamment l’abolition des permis.

« Collectivement, les permis de taxi valaient, en décembre 2014, au moment de l’arrivée d’Uber au Québec, 1,3 milliard de dollars, selon les chiffres de la Commission des transports du Québec. Le projet de loi 17 détruit le gagne-pain de tous ces travailleurs, puisqu’aucun d’entre eux ne pourra en vivre lorsque l’industrie sera déréglementée », soutiennent-ils.

En entrevue à QUB radio en après-midi, Pierre Karl Péladeau a souligné qu’au contraire, la « libéralisation » de l’industrie pourrait selon lui avoir des effets positifs. « Tout le monde va être sur le même pied d’égalité », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant qu’Uber disposait de moyens importants.

 
 

Une version précédente de cet article, qui indiquait que le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos faisait partie des groupes ayant souhaité la bienvenue à Pierre Karl Péladeau dans l’industrie du taxi, a été corrigée.