Assurance: la protection contre le débordement de cours d’eau est difficile à chiffrer

Le gouvernement Legault a dévoilé il y a deux semaines une bonification du programme général d’indemnisation des sinistrés, qui promet entre autres des fonds pour relocaliser des gens ayant été frappés par des inondations successives.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le gouvernement Legault a dévoilé il y a deux semaines une bonification du programme général d’indemnisation des sinistrés, qui promet entre autres des fonds pour relocaliser des gens ayant été frappés par des inondations successives.

L’assurance spécifique pour débordement de cours d’eau a probablement gagné en popularité depuis 2017, mais il demeure difficile d’évaluer avec précision son étendue parmi les consommateurs d’assurance habitation.

Alors que seuls trois ou quatre assureurs offraient ce nouveau produit au Québec il y a deux ans, leur nombre atteint aujourd’hui une dizaine, a indiqué mercredi le Bureau d’assurance du Canada.

De manière générale, 33 % des assurés étaient couverts par une protection inondation en 2017. « Et en fait, dans la majorité des cas, elle était liée à l’avenant pour les refoulements d’égout », a précisé une porte-parole pour le BAC, Anne Morin. (Dans l’industrie de l’assurance, un avenant est une protection supplémentaire.)

L’avenant pour les débordements de cours d’eau, qui peut ne pas être offert dans les zones à haut risque, est une invention plus récente que l’avenant pour les refoulements d’égout. Il a vu le jour ailleurs au Canada en 2013 avant de faire son apparition au Québec quelques années plus tard.

Un portrait d’ici quelques mois

« Comme la protection contre les inondations a commencé à être offerte par certains assureurs en 2017, on va sans doute avoir une meilleure idée dans quelques mois » du pourcentage de clients qui sont couverts, a dit Mme Morin.

Quand l’assurance contre le risque de débordement d’un cours d’eau a vu le jour il y a deux ans, de nombreux clients de Desjardins, par exemple, ont été couverts automatiquement, parce qu’ils habitaient dans une zone à faible risque. Chez ceux qui ne l’étaient pas, un client sur cinq choisissait alors de payer une prime additionnelle pour y avoir accès. Aujourd’hui, c’est un client sur quatre, a indiqué une porte-parole cette semaine.

Chez belairdirect, l’avenant intitulé « Dommages d’eau – eau de sol, égouts et débordement de cours d’eau » a trouvé preneur auprès de huit clients sur dix qui se trouvent dans une zone admissible, selon l’entreprise.

L’industrie de l’assurance a versé « plus de 100 millions » de dollars aux sinistrés qui ont vécu les inondations d’avril et de mai 2017, a mentionné le BAC dans un mémoire prébudgétaire soumis au ministre des Finances du Québec en 2018.

Sur les 6000 sinistrés en question, environ 10 % ont reçu une indemnisation « mixte », c’est-à-dire qu’ils ont reçu des sommes d’un assureur privé et du gouvernement. Les autres ont été indemnisés de source gouvernementale seulement.

Lors d’une mise à jour faite en décembre 2017, le gouvernement a dit qu’il avait à ce jour versé un peu plus de 100 millions pour indemniser les sinistrés. L’Outaouais représentait alors 35 millions de cette somme, suivi de Montréal (26 millions), des Laurentides (20 millions), de la Montérégie (10 millions) et de Laval (5,7 millions).

Il serait peut-être temps de créer un « fonds de résilience » pour financer des moyens de diminuer l’impact des « risques naturels », suggère le BAC depuis deux ans. Cela inclurait des mesures permettant de déplacer des résidences qui sont présentement situées dans des zones inondables.

Le gouvernement Legault a dévoilé il y a deux semaines une bonification du programme général d’indemnisation des sinistrés, qui promet entre autres des fonds pour relocaliser des gens ayant été frappés par des inondations successives.

Aux prises avec des événements climatiques de forte intensité depuis quelques années, les États-Unis ont récemment décidé de modifier le programme public d’aide aux victimes d’inondation. À compter d’octobre 2020, celui-ci devrait normalement arrimer les primes d’assurance au risque spécifique de la zone dans laquelle se trouvent les résidences. Salué pour sa lucidité au sujet des changements climatiques, le plan a toutefois soulevé des inquiétudes chez ceux qui craignent notamment une hausse de primes auprès des ménages à plus faible revenu.