Le contrôleur de Taxelco poursuit ses discussions avec un investisseur

Taxelco chapeaute Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, qui n’ont pas été touchées par l’arrêt des activités de Téo à la fin du mois de janvier.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Taxelco chapeaute Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, qui n’ont pas été touchées par l’arrêt des activités de Téo à la fin du mois de janvier.

Le contrôleur financier nommé par la Cour pour s’occuper du dossier de Taxelco, société mère de la défunte Téo Taxi, concentre ses discussions avec un des investisseurs qui ont manifesté leur intérêt et espère terminer le processus d’ici le 26 avril, selon des documents déposés au tribunal.

Dans une demande du 25 mars visant à prolonger la période de protection de Taxelco contre ses créanciers, la firme Richter confirme avoir reçu « plusieurs offres » le 4 mars, la date limite qui permettait à des investisseurs potentiels de lever la main.

« Le contrôleur poursuit ses discussions avec l’une de ces parties intéressées », a écrit Richter sans fournir les détails nominatifs et ni indiquer si cela signifie que toutes les autres offres ont été définitivement mises de côté.

Taxelco a vu le jour en 2016 pour lancer le projet Téo Taxi, caractérisé par une flotte entièrement électrique, des chauffeurs salariés et une application dernier cri. L’entreprise chapeaute aussi Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, qui n’ont pas été touchées par l’arrêt des activités de Téo à la fin du mois de janvier.

L’actionnaire majoritaire de Taxelco est XPNDCroissance, piloté par l’homme d’affaires Alexandre Taillefer et son associé Dominic Bécotte. Il a été élaboré en 2015 et 2016 pour mettre en commun l’argent des investisseurs. Les deuxième et troisième actionnaires sont respectivement la Caisse de dépôt et placement et le Fonds FTQ, séduits par l’idée d’électrifier le transport urbain.

Offre connue

Il est connu qu’une des offres déposées auprès de Richter provient de l’actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, qui a toutefois posé ce geste en son nom personnel et non celui de l’entreprise.

« Nous avons déposé notre offre auprès du contrôleur et c’est lui qui, dans la suite des choses, va être appelé à déterminer justement ce qu’il en advient », a dit M. Péladeau plus tôt cette semaine en marge d’un événement de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI).

Invité à commenter le récent dépôt d’un projet de loi du gouvernement Legault concernant la modernisation de l’industrie du taxi, M. Péladeau a dit qu’il « y a des éléments qui, aujourd’hui, sont le résultat de l’incapacité d’avoir géré adéquatement la situation sous l’ancien gouvernement ». Le projet pilote avec Uber a « suscité un tollé ». « On a voulu abriller le problème, mais le problème demeurait. Le projet pilote a été renouvelé sans qu’une solution véritable soit proposée. »

« Ceci étant, est-ce qu’il y a des conditions aujourd’hui qui font en sorte qu’il puisse y avoir une évolution favorable ? Je pense que oui », a-t-il ajouté en faisant référence à ce qui est proposé par le gouvernement.

Quand Taxelco a mis un terme aux activités de Téo Taxi, l’entreprise a produit un long mémoire dans lequel elle brosse le portrait des différentes raisons qui ont mené à son impasse financière.

La tarification fixe était présentée comme un problème. « Malgré la disponibilité d’excellents outils technologiques, cette réglementation limitative empêchait Téo Taxi, comme le reste de l’industrie, de moduler ses tarifs en fonction de l’heure de service ou d’offrir plus d’options aux clients qui souhaiteraient un service de transport différent ou amélioré », a écrit Taxelco dans son document.

« La rigidité de la réglementation actuelle, contrairement aux conditions beaucoup moins contraignantes du projet pilote qui s’applique à Uber, fait en sorte que Téo Taxi n’était pas en mesure d’imputer des frais raisonnables pour l’ensemble de ses services à valeur ajoutée. »

Avec Éric Desrosiers