La Chine annonce «une bataille» pour défendre sa croissance

«La conjoncture tant nationale qu’internationale a fait basculer notre développement dans un environnement d’une grande dureté et complexité», a reconnu le chef du gouvernement chinois.
Photo: Dale De La Rey Agence France-Presse «La conjoncture tant nationale qu’internationale a fait basculer notre développement dans un environnement d’une grande dureté et complexité», a reconnu le chef du gouvernement chinois.

Visée par les sanctions commerciales des États-Unis, la Chine s’est dite prête mardi à « livrer bataille » pour défendre sa croissance économique, tombée l’an dernier à son plus bas niveau depuis 28 ans.

Prenant la parole à l’ouverture de la session annuelle du Parlement, le premier ministre Li Keqiang a annoncé une série de mesures de relance en réponse à une croissance attendue en légère baisse cette année. Le PIB chinois croîtra entre 6 % et 6,5 % en 2019, en très léger repli par rapport au score réalisé en 2018 (6,6 %), a annoncé M. Li aux près de 3000 députés de l’Assemblée nationale populaire, réunis jusqu’au 15 mars dans le cadre imposant du Palais du peuple à Pékin.

« La conjoncture tant nationale qu’internationale a fait basculer notre développement dans un environnement d’une grande dureté et complexité », a reconnu le chef du gouvernement, alors que les États-Unis ont imposé des droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois. « Nous devons nous armer pour livrer une bataille des plus âpres », a-t-il averti, comme en écho au président Xi Jinping, qui a mis en garde fin janvier les cadres du Parti communiste chinois (PCC) contre « les risques imprévus qui pourraient surgir dans le domaine économique ».

Le président chinois, qui avait obtenu il y a tout juste un an la levée de la limite de deux mandats présidentiels, apparaît cette fois confronté à des difficultés à l’intérieur comme à l’extérieur, obligeant son régime à soutenir davantage l’économie. L’augmentation du déficit « répond au besoin de ménager une marge de manoeuvre politique suffisante pour maîtriser les risques susceptibles de surgir dans les temps à venir », a reconnu mardi son premier ministre.

La conjoncture tant nationale qu’internationale a fait basculer notre développement dans un environnement d’une grande dureté et complexité

 

Le budget qu’il a présenté prévoit une baisse de 2000 milliards de yuans (environ 390 milliards $CAN, soit environ 2 % du PIB) des impôts et des charges sociales sur les entreprises. Au total, le budget de l’État et des collectivités locales pour 2019 se traduit par une légère hausse de 0,2 point du déficit budgétaire, à 2,8 % du PIB.

Pékin doit ainsi limiter ses dépenses : le budget militaire augmentera de 7,5 % cette année, une hausse inférieure à celle de l’an dernier (+8,1 %).

Les annonces du gouvernement ont été bien reçues sur les places boursières : Shanghai a pris 0,88 % et Shenzhen, 2,28 %, même si le cabinet Capital Economics doute que l’économie chinoise parvienne à atteindre réellement les 6 % de croissance cette année. Si la guerre commerciale avec les États-Unis n’a guère entamé le dynamisme des exportations du géant asiatique, la perspective d’un affrontement durable avec l’Amérique de Donald Trump pèse sur la confiance des entreprises chinoises et sur les décisions d’investissement. L’activité est aussi freinée par la lutte du pouvoir contre l’endettement et les risques financiers.

Les autorités ont ainsi assuré qu’il n’était pas question d’opter pour un grand plan de relance comme dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008. Pékin « promet une dose d’assouplissement mais rechigne à accorder un fort rebond du crédit, même si cela doit se traduire par une croissance plus lente », selon Capital Economics.