Les annonces de fermetures se multiplient à l’approche du Brexit

Bank of America et HSBC font notamment partie des banques qui ont prévu de réduire leur périmètre à Londres après le Brexit.
Photo: Matt Dunham Associated Press Bank of America et HSBC font notamment partie des banques qui ont prévu de réduire leur périmètre à Londres après le Brexit.

Les annonces de fermeture d’usines ou de relocalisation d’entreprises se multiplient depuis plusieurs mois au Royaume-Uni, souvent à cause du climat d’incertitude créé par le Brexit.

Le constructeur automobile japonais Honda a annoncé mardi la fermeture de son usine de Swindon en 2022, menaçant 3500 emplois, sans toutefois faire de lien direct avec le Brexit. Son concurrent japonais Nissan a décidé début février d’abandonner son projet d’assembler un nouveau crossover dans le nord-est de l’Angleterre, en raison de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ; 741 emplois auraient dû y être créés.

Toujours dans l’automobile, Jaguar Land Rover a annoncé début janvier la suppression de 4500 emplois, soit plus de 10 % de ses effectifs majoritairement employés en Grande-Bretagne, face à une activité déprimée par le diesel, la Chine et les incertitudes sur le Brexit.

Le géant néerlandais de l’électronique Philips a indiqué en janvier qu’il allait fermer en 2020 son usine de fabrications de biberons dans l’est de l’Angleterre, menaçant 430 emplois. La plupart des activités seront relocalisées aux Pays-Bas. L’équipementier automobile allemand Schaeffler a décidé en novembre 2018 la fermeture de deux de ses usines au Royaume-Uni, évoquant entre autres le Brexit. Quelque 500 emplois sont menacés.

Les grands acteurs financiers ont beaucoup à redouter de la sortie de l’UE, qui implique la perte du passeport financier européen. Ce précieux sésame leur permet de proposer leurs services sur tout le continent depuis le Royaume-Uni. Les autorisations des banques pour réinstaller des activités en Europe continentale à la suite du Brexit sont désormais bien avancées, a estimé lundi le superviseur unique des banques en zone euro.

Bank of America et HSBC font notamment partie des banques qui ont prévu de réduire leur périmètre à Londres après le Brexit et de développer leurs activités à Paris, notamment, tandis que les américaines Goldman Sachs, Morgan Stanley et Citigroup vont augmenter leur présence à Francfort. Les japonais Sumitomo, Mitsui Financial Group, Daiwa Securities et Nomura, la britannique Standard Charterd ont aussi choisi Francfort.

Avec sa sortie de l’UE, le Royaume-Uni perd les deux grandes agences européennes qui y étaient implantées. L’Agence européenne du médicament, 900 employés, va bientôt quitter la capitale britannique pour s’installer à Amsterdam. L’Autorité bancaire européenne, qui emploie 200 personnes, va, elle, déménager à Paris.

De grandes multinationales ont elles aussi fait le choix de la relocalisation. Le fleuron japonais de l’électronique Sony va déménager son siège européen vers les Pays-Bas, pour éviter de lourdes procédures douanières après le Brexit. Le changement est symbolique, mais l’entité britannique continuera à gérer les importations et les ventes du groupe dans la région, et ses effectifs seront maintenus sur place.

Le groupe technologique britannique Dyson va déplacer son siège social vers Singapour. Un déménagement qui n’a rien à voir avec le Brexit, selon le groupe, dont le propriétaire James Dyson est un fervent partisan de la sortie de l’UE.