Création d’emplois au Québec, mais le taux de chômage augmente à 5,4%

La performance du marché du travail au Québec marque un deuxième mois de croissance après quatre mois de reculs consécutifs et une année en dents de scie.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La performance du marché du travail au Québec marque un deuxième mois de croissance après quatre mois de reculs consécutifs et une année en dents de scie.

L’économie québécoise a créé près de 26 000 emplois au cours du mois de novembre, mais le taux de chômage a quand même augmenté de 5,2 % à 5,4 % en raison d’une hausse plus rapide de la population active.

La performance du marché du travail au Québec marque un deuxième mois de croissance après quatre mois de reculs consécutifs et une année en dents de scie, selon les données publiées vendredi par Statistique Canada.

À l’échelle canadienne, l’économie a également signé son plus gros gain de l’année avec l’apparition de 94 000 postes qui ont permis d’abaisser le taux de chômage de 5,8 % à 5,6 %. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 1976, année où des données comparables sont devenues disponibles, a précisé l’agence fédérale.

« La forte création d’emplois au Québec s’arrime mieux avec la période de croissance économique actuelle », a indiqué le Mouvement Desjardins dans une note d’analyse. « Cependant, les chiffres de novembre ne sont pas suffisants pour dissiper complètement les doutes concernant le retour à une progression plus régulière de l’emploi au Québec. »

Selon Desjardins, « un certain doute s’était installé quant à la capacité de faire croître le nombre de travailleurs au Québec dans un contexte de faible taux de chômage », car « le bassin de main-d’oeuvre potentiel, soit la population âgée de 15 à 64 ans, stagne depuis quelques années, alors que la progression ne fait que ralentir en Ontario et au Canada ».

L’Institut de la statistique du Québec a récemment signalé qu’il y avait 116 000 postes à pourvoir au Québec au cours du deuxième trimestre, un bond de 40 % en un an. Ces emplois vacants se trouvent entre autres dans le secteur manufacturier et le commerce de détail.

La vigueur du marché du travail fait partie des variables suivies de près par la Banque du Canada lors de ses réunions sur la politique monétaire. L’institution dirigée par Stephen Poloz a décidé cette semaine de laisser son taux directeur intact à 1,75 %, histoire de surveiller l’évolution de l’économie un peu plus longtemps avant de poser le prochain geste.

La possibilité d’une nouvelle hausse du taux directeur est toujours « sur la table », a estimé la Banque CIBC, mais « il faudra voir des données semblables chez d’autres indicateurs et aucun revirement de situation dans le prochain bilan des emplois », a-t-elle écrit.

Cannabis

Quelque 10 400 personnes travaillent dans l’industrie du cannabis, indiquent par ailleurs les données de Statistique Canada. Près de 60 % des emplois se trouvent dans le secteur agricole « et consistaient en l’exécution de tâches comme la coupe de bourgeons ». À lui seul, l’Ontario compte pour 5700 d’entre eux. Le reste des emplois est notamment dans le commerce de détail et les soins de santé.

Le salaire moyen de ces postes est de 29,58 $, un niveau légèrement supérieur au salaire moyen de 27,03 $ que l’on retrouve au Canada. Les travailleurs du cannabis « travaillaient à temps plein et occupaient des postes permanents », a relevé Statistique Canada.