Hydro-Québec présente un bénéfice net en hausse

Sur le marché intérieur, la bonne performance financière vient d'un hiver plus froid que le précédent et d'un été caniculaire.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Sur le marché intérieur, la bonne performance financière vient d'un hiver plus froid que le précédent et d'un été caniculaire.

La vente d’une participation majoritaire dans TM4 a permis à Hydro-Québec de gonfler son bénéfice net, qui a atteint 2,58 milliards pour les neuf premiers mois de 2018, en hausse de 386 millions (18 %) par rapport à la même période de l’an dernier, où le bénéfice net d’Hydro atteignait 2,19 milliards.

La société d’État avait procédé, au deuxième trimestre, à la cession de 55 % des actions de sa filiale TM4 à la multinationale Dana, ce qui a entraîné un gain de 277 millions.

Cependant, ce résultat a été plombé par l’obligation d’acheter de l’énergie éolienne, qui a représenté un débours de 747 millions pour une production de 8 TWh durant les trois premiers trimestres. Or, selon les recoupements et informations obtenues par La Presse canadienne, Hydro-Québec aurait pu répondre à la demande sans acheter d’énergie éolienne grâce aux surplus dont elle dispose, mais la société d’État n’a guère le choix, étant obligée par contrat d’acheter cette production.

En rendant publics les résultats vendredi, le vice-président et chef de la direction financière d’Hydro, Jean-Hugues Lafleur, a précisé en faisant le point sur les exportations que « l’Ontario est un marché où l’on pourrait aller vendre 10 TWh sans même construire de nouveaux ouvrages » grâce à la capacité actuelle des lignes de transport. Puisque les ventes à l’Ontario totalisent 4 TWh, c’est donc dire que les barrages pourraient fournir encore 6 TWh. Bien que cela ne comble pas les 8 TWh achetés, Hydro-Québec a également dû procéder à des déversements, ses barrages étant trop pleins.

Fait à noter, la société d’État paie 9,4 ¢ le kWh produit par les parcs éoliens, alors que le prix du marché à l’exportation se situe dans une fourchette qui a varié entre 3,8 et 4,6 ¢ au cours de la dernière année.

Sur le marché intérieur, si une bonne part de cette performance vient d’un hiver plus froid que le précédent, la canicule de l’été a également joué un rôle dans la croissance des revenus.

Par ailleurs, les résultats trimestriels font état d’un volume record d’exportations nettes de 28,8 TWh pour les trois premiers trimestres, soit 1,7 TWh de plus que le précédent record établi pour les neuf premiers mois de 2017, ce qui se traduit par une augmentation de 11 millions par rapport à la même période l’an dernier. Les exportations ont totalisé 1,235 milliard durant cette période. Interrogé sur l’élasticité de cette hausse, M. Lafleur a reconnu qu’elle s’approchait de la limite, outre la capacité encore disponible pour l’Ontario, d’où la nécessité de trouver des ententes pour transporter l’or hydroélectrique vers le Nord-Est américain.

« Les lignes sont très sollicitées ; les 15 interconnexions avec les divers marchés sont pleinement sollicitées », a d’abord affirmé M. Lafleur, avant de préciser qu’« il nous reste quand même de la place sur le marché de l’Ontario ». « Sur la partie Nouvelle-Angleterre, on est limités, d’où l’entente qu’on a eue avec le Massachusetts pour pouvoir faire une vente à long terme, un contrat de 20 ans, pour une dizaine de TWh qui fait en sorte que ça amène la construction d’une ligne de près de 1200 MW additionnels. Ça, ce serait merveilleux », a laissé tomber l’homme d’affaires.