Les mauvaises créances en forte baisse

Si les données de 2018 s’ajoutent à l’embellie déjà mesurée en 2017, le resserrement des règles hypothécaires, en vigueur depuis janvier, n’y est pour rien.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Si les données de 2018 s’ajoutent à l’embellie déjà mesurée en 2017, le resserrement des règles hypothécaires, en vigueur depuis janvier, n’y est pour rien.

Les mauvaises créances dans l’immobilier résidentiel québécois poursuivaient leur repli en octobre. Préavis d’exercice et délaissements évoluent à leur creux depuis la Grande Récession de 2009.

Déjà que 2017 pouvait témoigner d’une accalmie à ce chapitre… Soutenu par la vigueur de l’activité économique et la robustesse du marché du travail, le nombre de mauvaises créances affiche un recul moyen pondéré de 14 % en octobre. Sur 12 mois, par rapport à la période correspondante de 2016-2017, le repli moyen frôle les 9 %. « L’économie va bien, le taux de chômage est bas. Les personnes perdant leur emploi peuvent en retrouver un autre rapidement », résume Joanie Fontaine. L’économiste du cabinet de recherche immobilière JLR ajoute : « Le marché immobilier va également bien. Les prix sont en hausse et les délais de vente sont courts. En cas de difficultés, il est plus facile de vendre la propriété. »

Plus en détail, selon les données du cabinet, les préavis d’exercice dans le secteur résidentiel étaient en recul de 5 % en octobre au Québec, de 10 % sur une période de 12 mois. Pour sa part, le nombre des délaissements se repliait de 17 % et de 21 % respectivement. Même mouvement baissier du nombre d’hypothèques légales, le repli étant de 22 % en octobre, de 11 % sur 12 mois. Au total, le nombre de mauvaises créances se maintient à un creux depuis 2009.

L’économie va bien, le taux de chômage est bas. Les personnes perdant leur emploi peuvent en retrouver un autre rapidement.

Si les données de 2018 s’ajoutent à l’embellie déjà mesurée en 2017, le resserrement des règles hypothécaires, en vigueur depuis janvier, n’y est pour rien. « Ces règles sont encore assez récentes. On peut présumer toutefois qu’à plus long terme, elles auront une incidence positive. » On peut présumer que la « qualité » de l’emprunteur s’est accrue. « Du moins, c’est ce que recherchaient les autorités de réglementation. Mais ce n’est qu’une perception », ajoute Joanie Fontaine. D’autant que le loyer de l’argent est engagé dans une phase ascendante depuis juillet 2017.

Rappelons que depuis janvier, même pour une mise de fonds d’au moins 20 % permettant de se soustraire à l’assurance hypothèque, les acheteurs potentiels doivent démontrer qu’ils peuvent acquitter leur hypothèque au taux admissible le plus élevé entre le taux hypothécaire contractuel majoré de deux points de pourcentage et le taux de référence de cinq ans affiché par les grandes banques, publié par la Banque du Canada. Ce taux de référence est à 5,34 % présentement.