L’art de créer l’événement

André Lavoie Collaboration spéciale
C’est le 26 août 1996 que le Centre des congrès de Québec ouvrait ses portes, donnant ainsi une impulsion importante au tourisme d’affaires dans la région de la Vieille Capitale.
Photo: Centre des congrès de Québec C’est le 26 août 1996 que le Centre des congrès de Québec ouvrait ses portes, donnant ainsi une impulsion importante au tourisme d’affaires dans la région de la Vieille Capitale.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« Le traditionnel plat en sauce avec patates, ça ne passe plus dans tous les événements », affirme Ann Cantin, directrice des communications et de la mise en marché du Centre des congrès de Québec. Cette boutade illustre pourtant l’un des nombreux défis à relever à l’heure d’attirer les organisateurs de congrès internationaux, d’expositions ou de rassemblements divers.

D’un édifice sans âme construit en 1974 sous le nom de Centre municipal des congrès de Québec, les activités se sont déplacées à quelques mètres de là, toujours à deux pas de la colline Parlementaire et de l’hôtel Hilton. C’est le 26 août 1996 que le Centre des congrès de Québec ouvrait ses portes, donnant ainsi une impulsion importante au tourisme d’affaires dans la région de la Vieille Capitale. Selon le rapport annuel 2016-2017 de cette société d’État, ce sont 202 000 visiteurs qui ont fréquenté pas moins de 157 événements et 16 congrès internationaux pendant cette période.

En 2014, une cure de rajeunissement doublée d’un agrandissement substantiel fut réalisée au coût de 36 millions de dollars. Elle a donné un nouvel élan au Centre, lui permettant de consolider sa position dans ce secteur hautement compétitif. Des événements attirant plus de 1000 participants sont déjà prévus jusqu’en 2022, dont le Congrès international de la magie, du 26 au 31 juillet 2021. « Nous recevrons près de 2000 passionnés de magie et l’événement devrait générer des retombées de 5 millions de dollars. C’est la première fois que ce congrès va se tenir en Amérique du Nord », souligne Ann Cantin.

Décrocher de tels événements ne se fait pas d’un simple coup… de baguette magique ! « Ça fonctionne comme pour les Olympiques, reconnaît la directrice des communications. Nous sommes en compétition avec d’autres villes, mais nous avons des équipes solides, aux ventes comme à la coordination de l’expérience client, en plus d’une centaine d’ambassadeurs. Ces gens sont reconnus dans leur milieu professionnel et peuvent s’approcher des décideurs des congrès internationaux. » Par exemple, Normand Voyer, professeur au Département de chimie à l’Université Laval, sut se montrer persuasif pour obtenir la présence du 13e International Symposium on Macrocycle and Supramolecular Chemistry, qui s’est déroulé en juillet dernier, attirant près de 500 participants.

Mais la compétition se trouve d’abord au Québec, avec l’ouverture de plusieurs nouveaux centres, comme à Trois-Rivières en septembre dernier, en plein coeur du centre-ville, ou à Thetford Mines au début du mois de juillet. Or, « le bassin d’événements québécois n’a pas grossi, admet Ann Cantin. Ce que l’on se séparait à quatre ou cinq, on se le divise maintenant à plusieurs ».

De nouvelles exigences

C’est la même chose à l’étranger, particulièrement en Asie, où l’on assiste à une véritable explosion des centres de congrès. Et alors que l’on assiste à une augmentation fulgurante du nombre de touristes provenant de l’Asie, principalement de la Chine, cela ne se répercute pas forcément sur le tourisme d’affaires. « Cette clientèle est bien visible, mais ça ne génère pas plus de retombées pour nous. » C’est en fait la même dynamique qu’à l’échelle provinciale ou canadienne : plus de joueurs, mais une tarte de même dimension à se partager.

Et tous le constatent en sillonnant les corridors et les salles de réunion : les millénariaux changent la donne. « Ces gens-là ne veulent pas d’un congrès où tout le monde est assis devant un conférencier avec son PowerPoint, souligne la directrice des communications. Nous devons répondre à leurs besoins technologiques, d’où l’accès Internet illimité partout dans le Centre, modifier nos espaces, bref, leur faire vivre une expérience totalement satisfaisante. » En effet, à l’heure où de plus en plus de congressistes voyagent en famille, combinant virée touristique et voyage d’affaires, le Centre des congrès de Québec, comme tous les autres, doit être à l’écoute et s’adapter. Parfois à la vitesse grand V !