La BCE arrête ses rachats de dette

Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse

Riga — La Banque centrale européenne a annoncé jeudi l’abandon en fin d’année de ses rachats de dette, signant la disparition d’un programme exceptionnel conçu en pleine crise, sans pour autant cesser de soutenir l’économie en zone euro. Guettée depuis des mois, la sortie du « QE », c’est-à-dire des rachats d’actifs publics puis privés entamés en 2015, marque un tel tournant que la BCE devait y préparer les esprits sans déclencher la panique. Ce numéro d’équilibriste s’est doublé d’une précision sur les taux directeurs qui a « agréablement surpris les marchés », relève Stefan Kipar, de la banque allemande BayernLB. La BCE s’est en effet engagée à maintenir ses taux à leur plancher historique « au moins » jusqu’à la fin de l’été 2019, repoussant les anticipations de tour de vis monétaires jusqu’ici calées à la mi-2019. Le président de l’institution, Mario Draghi, a brossé de l’économie un tableau nuancé : si la conjoncture souffre « d’incertitudes croissantes » et des tensions commerciales, l’inflation remonte plus que prévu. La BCE s’attend désormais à voir le PIB de la zone euro croître de 2,1 % cette année — contre 2,4 % lors de ses dernières prévisions en mars — avant de ralentir à 1,9 % l’an prochain et à 1,7 % en 2020. À l’inverse, l’inflation bénéficie de l’envolée du baril de pétrole et de la hausse des salaires, et devrait s’établir à 1,7 % cette année et les suivantes, contre une précédente prévision de 1,4 % pour 2018 et 2019.