Le cofondateur de David’s Tea ajoute à la discorde en créant un site Web

Depuis son entrée au Nasdaq, en juin 2015, le marchand de thé fait face à des problèmes de rentabilité.
Photo: Merri / CC Depuis son entrée au Nasdaq, en juin 2015, le marchand de thé fait face à des problèmes de rentabilité.

Le cofondateur des Thés David’s Tea, Herschel Segal, a décidé d’en rajouter une couche dans le cadre de son offensive visant à remplacer le conseil d’administration de la chaîne québécoise en difficulté.

Espérant rallier des actionnaires, sa société Placements Mauvais Jours a mis en ligne le site savedtea.com — uniquement en anglais — dont la facture visuelle reprend les éléments du site original du détaillant. En plus d’y présenter les grandes lignes de son plan de redressement, M. Segal dresse la liste de ses nombreuses critiques à l’endroit des dirigeants actuellement en poste chez David’s Tea.

Un vote déterminant est prévu le 14 juin dans le cadre de l’assemblée annuelle, alors que les actionnaires devront choisir entre l’équipe proposée par M. Segal et les administrateurs actuels.

Le fondateur du détaillant de vêtements Le Château, qui propose sept candidats au conseil d’administration, dont lui-même, a justifié sa démarche jeudi en soulignant, dans un communiqué, que « l’heure des changements a sonné » chez David’s Tea. « Le conseil actuel perd du temps précieux, des ressources et de l’argent des actionnaires en explorant des solutions stratégiques de remplacement visant à vendre la totalité ou une partie de [la société] », a-t-il fait valoir.

Selon l’homme d’affaires, la révision stratégique entamée par David’s Tea survient à un moment où la valeur de l’entreprise « est en baisse en raison de résultats financiers très préoccupants ». Par l’entremise de Placements Mauvais Jours, M. Segal, qui avait claqué la porte du conseil en mars dernier, est le plus important actionnaire de David’s Tea avec environ 46,4 % des titres en circulation.

Déplorant la démarche de l’homme d’affaires, une porte-parole de l’entreprise a indiqué par courriel que le détaillant allait analyser le contenu publié en ligne. « Nous nous penchons sur le site Web de l’actionnaire dissident pour nous assurer qu’il n’enfreint pas les droits d’auteur ou détourne la marque de David’s Tea », a-t-elle écrit. De son côté, la société de portefeuille de M. Segal a précisé qu’une version française du site sera disponible prochainement, se disant convaincue que sa provenance était « claire et bien identifiée pour les actionnaires ».

L’homme d’affaires reproche à l’équipe de direction d’avoir pris une série de décisions avec lesquelles il était en profond désaccord et d’avoir raté l’expansion de la chaîne aux États-Unis, qui s’est effectuée au détriment des activités canadiennes. « Un prérequis important au succès est une vision unifiée au conseil d’administration et une orientation stratégique claire, les deux étant absentes pour le moment », a estimé M. Segal.

De son côté, le conseil d’administration actuel accuse M. Segal de vouloir prendre le contrôle de la compagnie sans verser de prime aux porteurs de titres. Il estime de plus que la feuille de route de l’homme d’affaires démontre qu’il n’a pas prouvé sa capacité à créer de la valeur pour les actionnaires. Les administrateurs en place bénéficient de l’appui de Porchlight Equity Management, de TDM Asset Management PTY et d’Edgepoint Wealth Management, qui contrôlent ensemble 36,5 % des actions.

Depuis son entrée au Nasdaq, en juin 2015, le marchand de thé fait face à des problèmes de rentabilité, ce qui a mené à plusieurs remaniements de la haute direction jusqu’à ce que Joel Silver devienne son président et chef de la direction, il y a un peu plus d’un an.