L’aviation civile doit répondre à un nombre accru de passagers

Au premier plan, un drone exposé au Salon aéronautique de Dubaï, en novembre 2017
Photo: Karim Sahib Agence France-Presse Au premier plan, un drone exposé au Salon aéronautique de Dubaï, en novembre 2017

L’aviation civile internationale doit s’adapter à un quasi-doublement attendu du nombre de passagers et à des enjeux de sécurité émergents, dont la prolifération des vols de drones.

Dans son discours présenté lors d’une conférence sur la sécurité aérienne tenue mardi à Montréal, le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA en anglais), Alexandre de Juniac, a rappelé d’entrée de jeu que 2017 a été l’année la plus sécuritaire dans l’aviation commerciale. L’industrie n’a enregistré aucun vol avec décès impliquant des avions à réaction et un taux d’accident impliquant décès de 0,14 par million de vols, soit l’équivalent d’un accident impliquant décès pour 6,7 millions de vols. Dans son discours, le dirigeant de l’IATA a illustré ce taux de fatalité en disant qu’une personne aurait à voyager par la voie des airs chaque jour pendant 6033 années avant d’expérimenter un accident avec au moins un décès.

Une fois cette performance mise en lumière, la sécurité aérienne n’en est pas moins soumise à des enjeux interpellant l’ensemble des parties prenantes. Si 4,1 milliards de passagers ont voyagé sur un total de 41 millions de vols commerciaux l’an dernier, l’industrie doit se préparer à accueillir un nombre additionnel de 3,8 milliards de passagers aériens d’ici 2036.

M. de Juniac est revenu sur l’importance d’adopter de bonnes pratiques et d’adhérer à une normalisation mondiale. Il cite l’Audit de sécurité de l’exploitation de l’IATA (IOSA en anglais), en vigueur depuis quinze ans. Au cours des cinq dernières années, le taux d’accident des transporteurs inscrits au registre de l’IOSA est près de trois fois inférieur à celui des compagnies aériennes non inscrites, soutient-il.

Alexandre de Juniac ajoute à la liste des impératifs un partage et une utilisation plus grande des données opérationnelles récoltées à partir des plus de 100 000 vols commerciaux exploités quotidiennement. Il pense, notamment, au développement d’une base de données globale sur les rapports faisant état de turbulences afin de développer un outil avertisseur.

Reste la réponse à des enjeux de sécurité émergents, venant notamment de l’intégration à l’espace aérien des systèmes d’aéronefs non pilotés. L’IATA propose ainsi une alliance avec l’Organisation de l’aviation civile internationale visant à créer un registre international des vols commerciaux de drones, dans le but de prévenir les collisions avec des avions. Ce registre centraliserait l’information présentement dispersée ici et là. Il permettrait aux autorités d’avoir un portrait plus précis de la présence de drones dans l’espace aérien, d’en connaître les utilisateurs et, au demeurant, les obligerait à rendre des comptes.

Le vice-président de l’IATA, Gilberto Lopez Meyer, estime qu’un tel registre international est rendu nécessaire alors que de nouveaux joueurs, comme Amazon et Google, misent beaucoup sur l’utilisation de ces drones.