Le fondateur de Dollarama ne reviendra pas comme président du conseil

Larry Rossy, qui sera président émérite du conseil d’administration, avait cédé le poste de président et chef de la direction à son fils Neil il y a deux ans.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Larry Rossy, qui sera président émérite du conseil d’administration, avait cédé le poste de président et chef de la direction à son fils Neil il y a deux ans.

Le fondateur de Dollarama, Larry Rossy, ne renouvellera pas son mandat à la tête du conseil d’administration du détaillant, mais cette décision n’est pas synonyme d’un départ à la retraite définitif pour l’homme d’affaires de 75 ans.

« Mon père a simplement décidé de ralentir un peu », a lancé jeudi le président et chef de la direction de l’entreprise, Neil Rossy, au cours d’une conférence téléphonique. En plus de continuer à afficher une croissance de ses profits, Dollarama a profité du dévoilement de ses résultats du quatrième trimestre pour annoncer quelques changements à son conseil d’administration et une expansion de son centre de distribution montréalais.

Ainsi, Larry Rossy sera remplacé par Stephen Gunn à la présidence du conseil après la prochaine assemblée annuelle des actionnaires prévue le 7 juin. M. Gunn est l’administrateur principal du détaillant depuis 2009. « L’objectif est d’assurer une transition en douceur, a dit le patron de Dollarama. Puisque notre administrateur principal depuis 2009 présidera le conseil, cette transition aura été achevée. »

Larry Rossy, qui sera président émérite du conseil d’administration, avait cédé le poste de président et chef de la direction à son fils Neil il y a deux ans. Il demeurait impliqué, notamment en matière de gestion immobilière. L’homme d’affaires continuera entre autres d’être mentor auprès de l’équipe de direction. « Il a quand même été au bureau tous les jours de la semaine, a lancé aux analystes Neil Rossy. Je peux vous dire qu’il a travaillé six heures samedi dernier également. C’était donc une semaine de six jours pour lui. Tout est relatif quand on affirme qu’il veut ralentir. »

Les racines de Dollarama remontent à plus d’un siècle, lorsque Salim Rossy a ouvert le premier magasin S. Rossy en 1910, à Montréal. Son fils George lui succède en 1937, jusqu’à son décès en 1973. Au cours des deux décennies suivantes, sous la gouverne de Larry Rossy, le nombre d’établissements passe de 20 à 44. Le premier magasin Dollarama voit le jour à Matane en 1992 et tous les articles y sont offerts à 1 $. Le réseau du détaillant compte désormais quelque 1160 magasins et l’objectif est d’en exploiter 1700 d’ici 2027.

Par ailleurs, M. Rossy a joué de prudence en rappelant que Dollarama allait commencer à vendre de la marchandise en ligne cette année aux consommateurs souhaitant acheter certains articles en grande quantité. « Nous ne sommes pas des experts », a-t-il dit, laissant entendre que le service serait offert dans « une province ou deux » avant d’être déployé à l’échelle nationale.

Quant à sa performance financière lors de l’exercice terminé le 28 janvier, Dollarama a engrangé un bénéfice net de 162,8 millions, ou 1,45 $ par action, en progression de 11,5 % par rapport à il y a un an. Son chiffre d’affaires a affiché une croissance de 9,8 %, s’établissant à 938,1 millions. En ce qui a trait à l’exercice, Dollarama a généré des profits de 519,4 millions, ou 4,55 $ par action, en hausse de 16,6 %, tandis que ses revenus ont grimpé de 10,2 %, à 3,3 milliards.

Dans le but de rendre son titre accessible à un plus grand nombre d’investisseurs, le détaillant a annoncé une proposition de fractionnement d’actions à raison de trois pour une. À la Bourse de Toronto, l’action de la société se négociait jeudi à un peu plus de 156 $. Depuis son inscription en Bourse en 2009, Dollarama a vu son action s’apprécier de 1500 %.