Les ménages canadiens ressentent la hausse des taux d’intérêt

En 2017, la croissance du crédit à la consommation par les ménages canadiens a été la plus forte de la décennie. 
Photo: Olivier Zuida Le Devoir En 2017, la croissance du crédit à la consommation par les ménages canadiens a été la plus forte de la décennie. 

Les ménages canadiens ont eu davantage recours au crédit à la consommation en 2017 et ils étaient également plus nombreux à avoir monnayé la valeur de leur propriété. À un moment où la hausse du loyer de l’argent commence à faire sentir ses effets.

Les observations viennent de DBRS. En terminant sa lecture du quatrième trimestre, l’agence torontoise fait la lumière sur une année 2017 particulièrement active sur le marché du crédit à la consommation. Elle prend cependant soin de préciser, d’entrée de jeu, que les signes des derniers mois font anticiper une décélération dans la progression des dépenses de consommation et de l’investissement résidentiel en 2018.

L’année 2017 a donc été marquée par une activité économique vigoureuse et par un marché de l’emploi plutôt robuste. L’emploi a crû de 2,4 %, ce qui représentait la plus forte augmentation en 15 ans. La chute du taux de chômage à un creux et le taux de participation historiquement élevé sont venus témoigner d’un resserrement du marché du travail. Il en a résulté une croissance du crédit à la consommation par les ménages canadiens la plus forte en une décennie. « Entre 1990 et 2017, l’endettement des ménages (incluant l’hypothèque, le crédit à la consommation, les prêts bancaires et autres comptes à payer) s’est apprécié de 506 % alors que le revenu personnel disponible a progressé de 208 % », a ajouté DBRS.

Cela dit, le ratio dette/revenu personnel disponible s’est légèrement replié en 2017 pour terminer l’année à 157,8 %, selon les données de l’agence. Aussi, le pourcentage du revenu alloué au service de la dette est demeuré stable, à 13,8 %. L’agence observe toutefois que le poids de la facture d’intérêt dans le versement s’est accru de 6,6 % au dernier trimestre, ce qui n’est pas sans traduire l’impact de la remontée du loyer de l’argent. Aussi, même s’il a baissé de 0,3 % sur l’ensemble de l’année, le nombre de situations de défaut de paiement a augmenté de 2,6 % au quatrième trimestre, alimenté par la progression de 7,5 % des propositions concordataires sur un an. À l’opposé, le taux d’épargne s’est maintenu autour de 4,2 % alors qu’aux États-Unis il poursuivait sa chute, à 2,7 %.

Il ressort également un déplacement vers les marges de crédit hypothécaires alors que le poids de la dette sur carte de crédit poursuivait son repli amorcé en 2011. Les marges de crédit garanties par une propriété résidentielle ont augmenté de 7,2 % en 2017 et représentaient le plus grand segment du crédit à la consommation comptabilisé dans le bilan des banques canadiennes. Le taux de défaillance était à seulement 0,02 %. Pour leur part, le montant des prêts sur carte de crédit ne comptait que pour 17,1 % de la dette à la consommation, en moyenne, l’an dernier et le taux de perte était en léger recul, à 2,69 %.

DBRS croit que ce déplacement entre les deux types de prêt est le résultat de l’amélioration de la qualité du bilan des ménages et des conditions d’emploi.