Lockout à l’Aluminerie de Bécancour

La direction de l’Aluminerie de Bécancour a fait savoir que l’usine continuera d’être exploitée, mais par des cadres. 
Photo: ALCOA La direction de l’Aluminerie de Bécancour a fait savoir que l’usine continuera d’être exploitée, mais par des cadres. 

La direction de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) a mis ses 1030 travailleurs en lockout, dans la nuit de mercredi à jeudi. Le lockout a été décrété par la direction après que la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, eut rejeté les offres patronales finales.

Le syndicat avait annoncé, mercredi, que ces offres avaient été rejetées à 80,3 % par ses membres. Il détenait déjà un mandat de grève, obtenu avec un appui de 97 %, mais n’avait pas l’intention de l’exercer. Au cours d’une entrevue, mercredi, le président de la section locale 9700, Clément Masse, avait dit espérer qu’avec ce rejet ferme des offres patronales, l’employeur reviendrait à la table de négociation.

1030
Il s’agit du nombre de travailleurs touchés par le lockout.

Mais la direction a plutôt décidé de décréter un lockout, à 3 h jeudi matin, a confirmé le service des communications de l’entreprise. La direction d’ABI a fait savoir que l’usine continuera d’être exploitée, mais par des cadres. Une seule ligne de production sur trois sera en activité, a précisé la direction. Celle-ci n’a pas voulu accorder d’entrevue.

Le médiateur du ministère du Travail a convoqué les parties jeudi midi.

Selon une source syndicale, les deux parties ont discuté dans la même pièce en fin d’après-midi en présence du médiateur. Cela a été l’occasion de confirmer la fermeture de deux séries de cuves, de faire état des discussions et du résultat du vote en assemblée générale syndicale et d’exposer les points en litige. Toujours selon la source syndicale, la réponse du porte-parole patronal et directeur des ressources humaines dans l’usine a été qu’il n’avait pas de mandat pour négocier.

 

Le syndicat déçu

Le Syndicat des Métallos s’est dit déçu du déclenchement d’un lockout par la direction. « C’est un geste cavalier. Nous venions de tendre la main pour négocier. Plutôt que de retourner à la table de négociation, ABI va plus loin dans sa tentative de coup de force en déclenchant un lockout sans avertissement, en plein milieu de la nuit », a déploré M. Masse. Le syndicat qui a réuni ses instances en matinée jeudi, avant d’être convoqué par le médiateur, n’a pas voulu accorder d’entrevue.

ABI est détenue à 75 % par Alcoa et à 25 % par Rio Tinto.

Les points en litige portaient principalement sur le régime de retraite et le respect du critère de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre, lorsque des postes deviennent vacants. Au départ, selon le Syndicat des Métallos, la direction voulait implanter un régime de retraite moins généreux pour les employés embauchés après une date donnée — ce qu’on appelle communément un régime de retraite à deux vitesses. Le syndicat s’y opposait.

Dans son offre finale, la direction avait bonifié sa proposition, en instaurant un nouveau régime de retraite à financement salarial, pour l’ensemble des travailleurs, et sans distinction selon la date d’embauche. De son côté, la direction a redit sa bonne foi dans tout ce processus. « L’offre finale qui a été présentée aux employés était très compétitive, parmi les meilleures dans le secteur manufacturier au Québec, autant au niveau des salaires que des avantages sociaux et du régime de retraite », a-t-elle affirmé dans son communiqué.

Le maire inquiet

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a exprimé son inquiétude devant la situation, vu l’importance d’ABI comme employeur dans la région. Il a souligné que l’aluminerie de Bécancour représentait 20 % des revenus de taxation de la ville. Devant l’annonce du lockout, il a exprimé « une réaction de surprise et, surtout, d’inquiétude » et a espéré que le dialogue reprenne au plus vite. « Ça peut devenir extrêmement lourd à supporter. Je m’inquiète grandement pour la suite des événements », a-t-il commenté.

1 commentaire
  • Germain Dallaire - Abonné 11 janvier 2018 11 h 36

    Encore les retraites!

    À l'heure où les clauses orphelins sont interdites au Québec, des multinationales hyper-puissantes veulent l'imposer à des travailleur(se)s sur le régime de retraite. Une honte! Toute mon admiration et ma solidarité avec des travailleur(se)s qui rejettent une telle demande.
    Germain Dallaire
    abonné