L'expérience des épargnants sous la loupe des autorités

La moitié des répondants ont échoué aux questions sur les connaissances générales en investissement.
Photo: Minerva Studio iStock La moitié des répondants ont échoué aux questions sur les connaissances générales en investissement.

Une personne sur trois n’a rien mis de côté pour la retraite ou les situations d’urgence et une sur deux ignore ce qu’elle verse à son conseiller, révèle un grand sondage effectué cet automne par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) pour les autorités réglementaires pancanadiennes. De plus, la moitié des répondants ont échoué aux questions sur les connaissances générales en investissement.

L’enquête menée auprès de 7271 personnes, qui en est à sa quatrième édition, se trouve au coeur du développement des campagnes de sensibilisation dans un contexte où la littératie financière est devenue une source de préoccupation.

« Il y a des choses qui sont prévisibles, car ça bouge peu depuis quelques années, comme le nombre de Canadiens qui se font offrir des placements frauduleux », a dit Michel Gariépy, analyste en éducation financière à l’Autorité des marchés financiers. « À 18 %, c’est dans les proportions habituelles. »

« Là où on voit des changements, c’est au niveau des gens qui utilisent les médias sociaux [comme source d’information]. Ce n’est pas hyperfréquent, mais c’est à la hausse », a dit M. Gariépy. En 2017, 12 % des gens ont dit se servir des réseaux sociaux pour trouver de l’information en matière de placement, contre 9 % l’an dernier. Le pourcentage grimpe à 17 % chez les femmes âgées de 18 à 34 ans, et à 30 % chez les hommes du même âge.

C’est la quatrième fois que les ACVM procèdent à une enquête reposant sur un grand questionnaire, ayant fait l’exercice en 2006, en 2009 et en 2012. Elles ont fait un sondage en 2016, mais sur la base d’un questionnaire abrégé.

Un des résultats « inquiétants » concerne la vérification des antécédents des conseillers financiers, ce que les Canadiens semblent faire un peu moins qu’auparavant. « Ils vont parfois faire une recherche Google avec le nom, mais très peu vont aller sur le site des organismes de réglementation pour vérifier si la personne est inscrite », a affirmé Michel Gariépy. En tout, 29 % des gens ont fait une vérification cette année, comparativement à 38 % en 2012.

Connaissances générales

Par ailleurs, le sondage de 2017 contenait sept questions sur les connaissances en investissement, dont trois « sont utilisées dans des études internationales similaires à celle-ci ». Les questions abordent notamment l’intérêt, l’effet de l’inflation sur les placements et les signes d’une offre frauduleuse. Au bout du compte, 51 % des répondants ont « coulé », c’est-à-dire qu’ils ont obtenu trois bonnes réponses ou moins. Au Québec, le pourcentage s’est établi à 50 %.

En 2012, un sondage CROP auprès de 1500 Québécois avait placé la note moyenne des connaissances à 58,5 %.

L’état général des connaissances en matière de finances personnelles et d’épargne a soulevé beaucoup d’inquiétude au cours des dernières années, si bien que le gouvernement Couillard a décidé l’an dernier d’entamer le processus visant à ramener le cours d’économie financière au niveau secondaire. Ce cours avait disparu en 2009.

« Le cours d’éducation économique a été introduit cette année. Il faut s’attendre à ce que les résultats s’améliorent », selon M. Gariépy.

L’enquête a également permis de constater qu’une majorité de gens (53 %) croient pouvoir réaliser leurs objectifs de placement cette année, en forte hausse par rapport à 2012 (39 %).

Nouveaux relevés de compte

Le sondage a inclus cette année des questions portant sur deux aspects : les nouveaux relevés de compte expliquant la rémunération du conseiller et le recours aux plateformes d’investissement en ligne, aussi connues sous le nom de « conseillers robots ».

Un peu plus de 70 % des répondants se souvenaient d’avoir reçu un tel relevé de compte, conçu de manière à augmenter la transparence. De ce nombre, 48 % des gens avaient été prévenus par leur conseiller, comparativement à 40 % qui n’avaient rien entendu à ce sujet.