Des perspectives économiques en berne pour le Royaume-Uni

L’économie du pays est freinée par la baisse du pouvoir d’achat des Britanniques à cause d’une inflation accélérée par la dépréciation de la livre, elle-même provoquée par les doutes sur le Brexit. 
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse L’économie du pays est freinée par la baisse du pouvoir d’achat des Britanniques à cause d’une inflation accélérée par la dépréciation de la livre, elle-même provoquée par les doutes sur le Brexit. 

Les pouvoirs publics britanniques ont nettement abaissé leurs prévisions économiques pour le pays jusqu’en 2021, au moment où l’économie fait face à l’impact du Brexit et à une productivité plus faible que prévu.

Tour d’horizon des nouvelles estimations concoctées par l’Office for Budget Responsibility (OBR), l’institut chargé des prévisions officielles, et dévoilées mercredi par le ministre des Finances Philip Hammond lors de la présentation de son budget.

L’OBR se montre nettement plus pessimiste quant à l’activité économique à partir de 2017 et jusqu’en 2021. Elle s’attend à une croissance de 1,5 % en 2017 (contre 2 % prévu en mars lors du dernier budget) et de 1,4 % en 2018 (contre 1,6 %). La croissance devrait encore ralentir à 1,3 % en 2019, année qui sera marquée en mars par la sortie officielle du Royaume-Uni de l’UE, ainsi qu’en 2020, avant de se reprendre un peu à 1,5 % en 2021. La hausse du PIB atteignait encore 2,2 % en 2015 et 1,8 % en 2016.

L’économie est actuellement freinée par la baisse du pouvoir d’achat des Britanniques à cause d’une inflation accélérée par la dépréciation de la livre, elle-même provoquée par les doutes sur le Brexit. La sortie de l’UE a également pour conséquence de peser sur les décisions d’investissement des entreprises qui attendent d’y voir plus clair sur les futures relations entre Londres et Bruxelles.

Pour l’OBR, les incertitudes du Brexit vont surtout peser au cours des deux prochaines années, et ses prévisions ont été dégradées surtout en raison des moins bonnes perspectives de progression de la productivité. M. Hammond a lui-même prévenu que, « malheureusement, [la] performance [du pays] concernant la productivité continue de décevoir », avec pour conséquence de pénaliser la croissance.

L’OBR a revu à la baisse ses prévisions de productivité, problème endémique au Royaume-Uni et qui le distingue de nombre de ses voisins européens. Plusieurs facteurs expliquent ce retard, en particulier le manque d’investissement des entreprises.