Plusieurs projets éoliens québécois soumis au Massachusetts

Les propositions présentent généralement le Québec comme un terreau fertile pour le développement éolien au moment où les États américains cherchent de plus en plus des sources d’énergie renouvelables.
Photo: iStock Les propositions présentent généralement le Québec comme un terreau fertile pour le développement éolien au moment où les États américains cherchent de plus en plus des sources d’énergie renouvelables.

Sept projets éoliens québécois totalisant plus de 1900 MW figurent dans les différentes propositions que l’État du Massachusetts a reçues en réponse à son appel d’offres pour de l’électricité propre, a constaté l’industrie en colligeant les données.

Les propositions, récemment rendues publiques, présentent généralement le Québec comme un terreau fertile pour le développement éolien au moment où les États cherchent de plus en plus des sources d’énergie renouvelables.

Certains de ces projets étaient ni plus ni moins qu’en dormance devant la réticence du gouvernement québécois à lancer de nouveaux appels d’offres pour de l’énergie éolienne, mais l’intérêt grandissant des Américains pour des sources propres a changé la donne.

« Les promoteurs ont des mâts de mesure de vent plantés depuis quelques années et ont établi des contacts avec les communautés. Ils gardent leurs projets vivants », a dit le directeur régional de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA) au Québec, Jean-Frédérick Legendre. « Mais, sans qu’il y ait d’appels d’offres québécois à court terme, c’est certain que l’appel d’offres au Massachusetts a permis de réactiver ces projets-là. »

Le portrait complet des projets éoliens proposés a été fait par CANWEA et le TechnoCentre éolien, situé à Gaspé.

Boralex et Gaz Métro ont dévoilé le mois dernier un projet visant à ajouter 300 MW au parc éolien de la Seigneurie de Beaupré, à l’est de Québec. C’est loin d’être le seul.

Projets dans les cartons

Dans ses propositions, un autre promoteur, EDF EN Canada, évoque deux projets intitulés BEL(pour Bellefeuille) et PAI (Painchaud). La localisation n’est pas révélée, mais EDF indique que les parcs seraient respectivement de 211 MW et de 593 MW. L’entreprise a aussi deux autres projets de 149 MW chacun (Haute-Chaudière et Saint-Théophile).

« L’industrie éolienne québécoise s’est très rapidement retournée vers un nouveau marché, qui est très différent du marché dans lequel on est habitués de fonctionner », a indiqué Viviane Maraghi, directrice du développement chez RES Canada, qui participe à l’appel d’offres. Ses deux projets éoliens sont situés à la Baie-James et dans le Bas-Saint-Laurent.

« Plusieurs ont finalement décidé de ne pas faire de soumission, mais je peux vous assurer que l’industrie a travaillé très fort, dans la dernière année et demie, pour comprendre ces nouveaux marchés-là », a ajouté Mme Maraghi.

L’État du Massachusetts cherche à obtenir 9,45 TWh d’énergie propre additionnelle d’ici 2022. L’appel d’offres a aussi attiré des propositions de la part de nombreuses entreprises américaines.

En raison des progrès technologiques qui ont permis aux éoliennes individuelles de produire plus d’énergie qu’autrefois, un parc de 600 MW, par exemple, pourrait compter environ 200 éoliennes. Les manufacturiers québécois de tours et de pales surveilleront de près les appels d’offres américains et l’implication des promoteurs d’ici.

M. Legendre a dit que la participation de promoteurs québécois à l’appel d’offres du Massachusetts montre le « potentiel » éolien du Québec. « Aux États-Unis, les projets jouissent d’un crédit d’impôt, ce qui les place en meilleure position que les projets canadiens au chapitre du prix. En même temps, la qualité de la ressource ici et la possibilité de construire de grands parcs peuvent entraîner des économies. »

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a écrit dans un rapport l’an dernier que le coût de l’énergie éolienne a diminué considérablement et qu’il est désormais compétitif par rapport aux projets hydroélectriques. Il a mentionné que, dans le cadre du quatrième appel d’offres d’Hydro-Québec, en 2014, la société a signé certains contrats à un prix inférieur à 6 ¢/kWh.

1 commentaire
  • Jean-Yves Arès - Abonné 23 août 2017 09 h 46

    Incroyable, le BAPE qui écrit que le coût de l’énergie éolienne est désormais compétitif par rapport aux projets hydroélectriques

    Comment donc un organisme qui déteint une si importante responsabilité peut on en venir a écrire quelque chose d'aussi impertinente, avec une analyse qui reste en surface et ne surf que sur l'apparence du prix d'un kilowatt fictif, totalement détaché du fait de sa disponibilité aléatoire ?

    Dans le solaire aussi ont peut affiché un prix de kilowatt tout petit, mais c'est celui du kilowatt qui sort des fils du panneau, pas celui qui est prêt a être livrer au client en tout temps. Dans la réalité les 3 ou 4 sous a la sortie du panneau deviennent des 12 a 18¢ au moment de les facturés aux distributeurs. Et on est toujours rendu au prix au consommateur...

    Ici est-ce vraiment les entreprises qui soumissionnent , ou c'est Hydro Québec qui le fait et en prend la responsabilité en jouant l'acheteur qui revend?

    Le seul rôle que peut jouer Hydro pour être fairplay pour son propriétaire qu'est la population du Québec doit être celui locateur de son réseau de transport, et facturer correctement le prix de ce service.

    Tout autre avenue va se traduire par une vente de notre électricité patrimoniale à petit prix sur les marchés extérieur, pour la remplacer par des productions plus couteuses, qui amplifient nos problèmes de pointe de demande sur notre propre marché.