La santé financière des régimes de retraite se détériore

Les rendements générés par les marchés boursiers ont été relativement bons en 2014, mais la faiblesse historique des taux d’intérêt à long terme a fait en sorte que les régimes de retraite déficitaires étaient plus nombreux qu’en 2013.

Selon les données de la Régie des rentes du Québec, qui surveille notamment la santé des régimes à prestations déterminées du secteur privé, 89 % des caisses québécoises étaient déficitaires au 31 décembre 2014, contre 81 % un an plus tôt.

« La santé financière des régimes à prestations déterminées sur base de solvabilité s’est dégradée malgré le fait que, pour l’année 2014, le rendement médian des gestionnaires de caisses a été de 10,8 % », peut-on lire dans le bilan de santé officiel récemment déposé par la Régie lors de l’étude des crédits à l’Assemblée nationale.

« Cela est attribuable principalement au fait que les taux d’intérêt à long terme, utilisés selon l’approche de solvabilité pour mesurer la valeur des engagements à long terme, ont enregistré une baisse importante », ajoute la Régie.

Le bilan de 2014 s’appuie sur les informations de 216 régimes québécois, un bassin qui se situait à 693 régimes l’année précédente mais qui a été réduit à la suite de changements méthodologiques. L’analyse de 2014 ne contient pas la situation des régimes municipaux et des universités.

Selon les données publiées en 2013 par la Régie, sur les quelque quatre millions de Québécois qui travaillent, les régimes complémentaires couvrent 1,4 million de personnes, dont plus de 800 000 dans le secteur public.

La mesure de la solvabilité d’un régime sert à évaluer ce qu’il contiendrait s’il devait fermer ses portes du jour au lendemain. Les dernières années ont été volatiles, de 71 % en 2007, elle a grimpé à 91 % l’année suivante pour ensuite redescendre un peu et repartir à la hausse à 94 % et 96 % en 2011 et 2012.

Autres données

Ces informations officielles corroborent ce que d’autres ont évoqué à la fin de 2014 et au début de 2015. La firme actuarielle Mercer, par exemple, a indiqué le 1er avril que le premier trimestre n’a pas amélioré les choses et que la santé financière des régimes, au chapitre de leur capitalisation, est passée de 95 % à 94 % en trois mois. Elle était de 106 % à la fin de 2013.

Mercer a aussi rappelé que Bell Canada a récemment transféré à l’assureur Sun Life le « risque de longévité » lié à son régime de retraite. L’entente, qualifiée de « révolutionnaire » par les deux parties, porte sur une police d’assurance de 5 milliards.

Le risque de longévité s’explique par le fait que les travailleurs, de manière générale, prennent leur retraite plus rapidement qu’à une autre époque mais vivent aussi beaucoup plus longtemps.

Un comité d’experts fonctionnant sous l’égide de la Régie des rentes a lancé l’idée d’une « rente longévité » il y a deux ans, mais ce projet s’est heurté à une très forte opposition du milieu des affaires, qui estimait la mesure trop coûteuse.

En gros, cette rente aurait été financée en parts égales par les travailleurs et les employeurs et aurait été versée aux travailleurs dès l’âge de 75 ans. L’objectif était d’alléger un peu la pression sur les régimes mis sur pied par les entreprises, jugés lourds lorsque les rendements ne sont pas au rendez-vous et qu’il faut alors recapitaliser.


 
2 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 21 mai 2015 09 h 14

    Une solution Néolibéral extrême droite d'exception

    Une carte de crédit âge d'Or, une carte réservé au 18 à 65 ans avec un taux de 15%, consolidation de dettes 12% pour un an, avance de fonds 11% pour six mois.

    On y investi tous les fonds de pension et le gouvernement gère le tout. Meilleur que la caisse de dépôt et les retraites sont assuré. Les banques? y feront leur argents ailleurs car je passe une loi qui leur interdit de me compétitionné sur les taux, ils ont jamais voulu les baissés jusqu'à présent donc '' tough luck ''. On va appelé ça la caisse à PKP.

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 mai 2015 12 h 13

      Quel rapport entre les banques et les régimes de retraite?