«Steve Jobs a pris nos emplois», dit le premier ministre du pays

Le premier ministre de Finlance, Alexander Stubb.
Photo: Georges Gobet Agence France-Presse Le premier ministre de Finlance, Alexander Stubb.

Le premier ministre finlandais, Alexander Stubb, a affirmé vendredi que le créateur d’Apple, Steve Jobs, avait fait un tort considérable à l’emploi dans le pays nordique, avec des innovations qui ont surpris les entreprises finlandaises.

 

« Nous avions deux piliers sur lesquels nous reposions : l’un était les hautes technologies avec Nokia, l’autre l’industrie papetière », a déclaré M. Stubb au quotidien économique suédois Dagens Industri.

 

« Nalle Wahlroos, le président de [la banque suédoise] Nordea, a assez bien décrit ça quand il a dit que l’iPhone avait mis KO Nokia et l’iPad l’industrie du bois » [en accélérant la baisse de la demande de papier], a ajouté le premier ministre. « Oui, Steve Jobs a pris nos emplois. Mais c’est en train de changer. Notre filière bois se détourne lentement mais sûrement de la pâte à papier pour aller vers les énergies vertes. Notre industrie des hautes technologies se tourne vers les jeux, ce n’est plus qu’une question de matériels comme les téléphones Nokia. »

 

M. Stubb a été nommé premier ministre fin juin avec pour mission de redresser une économie qui a aligné deux années de récession en 2012 et 2013, et devrait connaître au mieux une croissance faible en 2014. L’un des symboles de ces difficultés a été le déclin de l’ancien numéro un mondial des téléphones portables Nokia, qui a cédé en avril cette activité fortement déficitaire au géant américain des logiciels Microsoft.

 

M. Stubb, libéral et fervent partisan de l’intégration européenne, a laissé entendre qu’il ne faudrait pas attendre de redressement économique spectaculaire avec son arrivée au pouvoir. « Nous ne devons pas entretenir l’illusion que l’État crée la croissance. […] Nous pouvons faire trois choses pour la favoriser. Des réformes structurelles d’un point de vue national, libéraliser le marché intérieur européen, et promouvoir le libre-échange au niveau mondial. Mais ce n’est pas moi premier ministre qui peux générer de la croissance dans ce pays », a-t-il expliqué.

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