Aucune pension fédérale n’est allouée si le revenu net dépasse 115 716$

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Les experts estiment que, à la retraite, on doit pouvoir bénéficier d’au moins 70% des revenus annuels bruts sur lesquels on pouvait compter auparavant, si on veut maintenir le même niveau de vie.
Photo: - Archives Le Devoir Les experts estiment que, à la retraite, on doit pouvoir bénéficier d’au moins 70% des revenus annuels bruts sur lesquels on pouvait compter auparavant, si on veut maintenir le même niveau de vie.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Quand vient le temps de la retraite, la question qui surgit à l’esprit, c’est : « Combien vais-je recevoir ? » Bien sûr, il y a l’épargne faite au fil des ans, mais on pourra aussi compter sur les régimes de retraite publics… Oui, mais « combien vais-je recevoir ? »

 

Les gouvernements du Québec et du Canada procurent à la population à la retraite, selon certains critères d’admissibilité, un revenu de base. Au Québec, il existe deux régimes : le Régime de pensions du Canada (RPC) et le Régime des rentes du Québec (RRQ). Il est bon de savoir que le programme fédéral permet de bénéficier d’un revenu minimal même si on n’a jamais travaillé, alors que celui du Québec s’adresse uniquement aux travailleurs. Les coffres de la Régie des rentes du Québec se remplissent grâce aux cotisations des travailleurs et des employeurs, et ce mode de financement permet de maintenir une réserve minimale qui viendra atténuer les fluctuations économiques et démographiques. Dans le cas du régime fédéral, aucune réserve n’est constituée et c’est le gouvernement qui finance le programme de pension avec les revenus fiscaux. Ce programme est très sensible à l’effet du vieillissement de la population.

 

Maintenant, pour démêler tout ça, il faut savoir s’y retrouver dans le vocabulaire employé et mettre en lumière certains chiffres.


Petit lexique

 

Tout d’abord, il y a le programme fédéral de la Sécurité de la vieillesse (SV). Le montant total sur lequel on peut compter est déterminé par le nombre d’années de résidence au Canada. Il ne faut pas oublier que ce montant est imposable et qu’aucune pension n’est allouée si le revenu net d’un citoyen dépasse 115 716 $.

 

Ce qu’on appelle le supplément de revenu garanti (SRG) correspond au montant déterminé par la SV auquel vient s’ajouter un montant supplémentaire que pourront toucher les citoyens pensionnés célibataires, qu’ils soient veufs, divorcés ou séparés ; les couples dont un seul des conjoints est pensionné alors que l’autre n’est pas admissible à la SV ni à l’allocation (terme dont nous verrons la définition plus bas) sont aussi visés. On peut également recevoir le SRG lorsque les deux conjoints sont pensionnés ; notons que les prestations du SRG ne sont pas imposables.

 

L’allocation (ALC) et l’allocation au survivant (ALCS) ont été créées au bénéfice des conjoints âgés de 60 à 64 ans. Elles représentent le montant maximal alloué à un citoyen, soit la somme de la SV et du SRG selon le taux d’un conjoint pensionné. Lorsque le conjoint aura atteint l’âge de 65 ans, ces deux allocations seront alors transformées en une pension de la SV.

 

Du côté du Régime des rentes du Québec (RRQ), on établit le montant de la rente selon les revenus de travail ayant servi à déterminer la cotisation d’un bénéficiaire depuis 1966, année de l’entrée en vigueur du programme provincial. À la retraite, on peut compter en moyenne sur un montant équivalant à 25 % de ces revenus. Au Québec, il est possible de commencer à recevoir une rente dès l’âge de 60 ans ; celle-ci sera toutefois moins élevée que si on attend l’âge normal de la retraite, soit 65 ans. Il faut rappeler que cette rente est imposable et qu’elle est indexée chaque année au mois de janvier. Il est possible de recevoir la rente du Québec à 65 ans même si on n’a pas cessé de travailler et il sera aussi possible de retourner sur le marché du travail tout en continuant de percevoir la rente. Pour se faire une bonne idée du montant auquel on est admissible à la RRQ, on peut consulter son relevé de participation. La RRQ l’envoie automatiquement aux cotisants tous les quatre ans et il est aussi disponible sur demande.


Quelques chiffres

 

Comme on l’a déjà mentionné, les montants des pensions et des rentes sont régulièrement indexés au coût de la vie. Du côté du programme fédéral et pour les trois premiers mois de 2014, une personne retraitée qui a droit au montant mensuel maximal de la pension de la SV recevra 551,54 $. Quant à la personne célibataire qui reçoit le SRG, elle aura droit à 747,86 $; le conjoint d’un non-pensionné recevra le même montant, alors que le conjoint d’un pensionné tout comme le conjoint d’un bénéficiaire de l’allocation pourront toucher 495,89 $. L’ALC sera de 1047,43 $ et l’ALCS de 1172,65 $.

 

À la RRQ, les montants mensuels maximaux pour les citoyens qui commencent à recevoir une rente de retraite en 2014 varieront selon l’âge du bénéficiaire. Les personnes nées après le 1er janvier 1954 qui fêteront leur 60e anniversaire en janvier recevront 70 % de leurs revenus de travail moyens, pour un maximum de 726,83 $. Les taux versés augmentent jusqu’à atteindre 100 % pour un bénéficiaire de 65 ans et celui-ci pourra recevoir jusqu’à 1038,33 $. Un bénéficiaire âgé de 70 ans ou plus obtiendra 142 % de son taux pour un total de 1474,43 $.


Petit rappel

 

Les experts estiment que, à la retraite, on doit pouvoir bénéficier d’au moins 70 % des revenus annuels bruts sur lesquels on pouvait compter auparavant, si on veut maintenir le même niveau de vie. D’autres prétendent qu’il faudra avoir épargné plus d’un million de dollars pour avoir une retraite confortable. Mais ces chiffres peuvent en cacher plusieurs autres et ce qui est bon pour les uns ne l’est pas nécessairement pour les autres… En fait, la retraite se planifie au cas par cas, d’où l’importance d’élaborer un budget précis avec l’aide d’un conseiller financier.



Collaboratrice

1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 8 février 2014 20 h 28

    Petite erreur...

    «notons que les prestations du SRG ne sont pas imposables.»

    Ce n'est pas ce que dit le site sur le sujet...

    «Le Supplément de revenu garanti est une prestation offerte dans le cadre du programme de la Sécurité de la vieillesse. Consultez la page intitulée Ce que vous devez savoir quand vous recevez une pension de la Sécurité de la vieillesse pour obtenir des renseignements sur les dates et les montants des paiements, sur l'impôt sur le revenu et sur le moment auquel vous devez communiquer avec Service Canada.»

    Puis...

    «Les paiements de la Sécurité de la vieillesse sont considérés comme des revenus imposables.»

    Cela dit, il faut être tellement pauvre pour recevoir qu'il est fort probable qu'on ne paiera pas d'impôt sur les prestations du SRG, mais, oui, elles sont imposables!