Industrie textile - La sécurité n’est pas l’affaire d’un seul pays, dit l’ONU

Travailleuses du textile manifestant à Dhaka.
Photo: Agence France-Presse (photo) Munir Uz Zaman Travailleuses du textile manifestant à Dhaka.

Genève — Les efforts des grandes marques pour améliorer la sécurité dans les usines de produits textiles du Bangladesh, après la catastrophe qui a coûté la vie à un millier de personnes, devraient être faits dans le monde entier, a estimé lundi à Genève un expert de l’ONU.

 

« Il est clair que nous ne devrions pas appliquer une double règle », a déclaré Gilbert Houngbo, vice-directeur général de l’Organisation internationale du travail, en présentant un rapport de l’OIT sur ce pays. Au Bangladesh, « nous avons déjà conclu un accord, mais nous devons nous assurer que les autres pays, dans la région et aussi dans les autres régions, en aient un également », a déclaré à la presse l’ancien premier ministre du Togo.

 

Le secteur de l’industrie du textile a été obligé d’entreprendre des réformes après l’effondrement d’un complexe en avril dernier, près de Dacca, la capitale du Bangladesh, qui a causé la mort de 1135 personnes, soit l’une des pires catastrophes industrielles survenues dans le monde.

 

La tragédie a conduit le gouvernement de ce pays et les grandes marques qui faisaient fabriquer dans ce complexe leurs vêtements à améliorer les conditions de travail des ouvriers. Les mesures prévoient notamment des inspections plus fréquentes concernant les équipements de lutte contre les incendies et la sûreté des bâtiments.

 

L’industrie du textile du Bangladesh, avec ses 22 milliards de dollars de chiffre d’affaires, est la deuxième du monde, derrière celle de la Chine. Elle exporte 80 % de sa production vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Le secteur emploie quelque quatre millions de personnes, pour la plupart des femmes. Le salaire moyen y est d’environ 38 dollars par mois.

 

Petits salaires

 

Dans son rapport de 170 pages, l’OIT dénonce ces salaires, qui sont les plus bas du monde et demande plus de réformes. Le salaire moyen dans le textile dans d’autres pays est beaucoup plus élevé, a relevé l’OIT, citant le Cambodge (80 $), l’Inde (71 $), le Pakistan (79 $), le Sri Lanka (73 $) et le Vietnam (78 $).

 

Le Bangladesh a connu une croissance économique relativement soutenue au cours des deux dernières décennies (4,8 % par an dans les années 90, 5,8 % dans les années 2000, 7 % en 2011), principalement grâce à ses exportations de textiles.

 

Depuis la catastrophe d’avril dernier, « une dynamique est en marche, la communauté internationale s’est mobilisée et on devrait voir des résultats d’ici la fin de l’année », a ajouté Gilbert Houngbo. « Le programme sur le secteur du prêt-à-porter lancé par l’OIT et le gouvernement du Bangladesh le mois dernier devrait déboucher sur des progrès durables [à propos] des conditions de travail et de la sécurité », a-t-il poursuivi.

 

La semaine dernière, le patronat du Bangladesh a accepté d’augmenter le salaire minimum à 68 dollars par mois, mais le gouvernement n’a pas encore entériné une telle hausse.