Problème informatique - Le Nasdaq forcé de suspendre ses activités

Photo: Agence France-Presse (photo) Mario Tama

New York — À Wall Street, la Bourse Nasdaq a suspendu jeudi pendant plusieurs heures toute son activité en raison d’un problème informatique, un incident sans précédent qui pose à nouveau la question de la fiabilité des échanges électroniques.

 

Le courtage des actions a cessé sur la plate-forme électronique, paralysant l’indice composite Nasdaq, à dominante technologique, et plusieurs valeurs phares de la place financière new-yorkaise comme Apple ou Microsoft. Les valeurs sont restées inactives pendant près de trois heures.

 

« C’est la première fois que je vois une plate-forme d’échanges fermer complètement pendant autant de temps en raison d’un problème technique en plein milieu de la journée », s’est étonné Art Hogan, responsable de la stratégie d’investissements à Lazard Capital Markets. Même le Trésor américain a fait savoir que le secrétaire d’État, Jack Lew, avait été « informé de la situation ».

 

« Nous cherchons actuellement à déterminer l’origine du problème » affectant le système de communication avec les autres places boursières (UTP SIP), a indiqué un porte-parole du Nasdaq, Ryan Wells, à l’AFP.

 

Les autres places boursières, à l’instar de la place symbolique de Wall Street, le New York Stock Exchange, ont aussi dû suspendre le courtage de toutes les actions cotées sur le Nasdaq.

 

L’organisme en charge de la régulation des marchés boursiers américains, la SEC, a indiqué qu’il « surveillait la situation » et « restait en contact étroit avec les plateformes d’échanges ».

 

Pas de panique

 

L’incident « n’a pas provoqué de panique sur le marché », observe Art Hogan. « C’est juste frustrant. On ne perd pas d’argent, juste du temps. »

 

Le problème « est apparu en plein été, à l’heure du déjeuner, alors que la plus grande confusion règne sur l’avenir de la politique monétaire américaine et qu’aucune grande compagnie du Nasdaq ne publiait ses résultats. Les volumes d’échanges étaient très faibles », renchérit Steven Rosen, spécialiste des marchés à la Société Générale. « Si cette interruption était intervenue un jour de grand volume, cela aurait pu conduire à des mouvements erratiques », estime-t-il.

 

Mais pour Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital, les investisseurs « n’étaient pas complètement dépourvus, ils pouvaient recourir aux autres plates-formes d’échanges ».

 

« Chaque nouvel incident de ce genre depuis Facebook a bien sûr tendance à saper notre confiance, ça a toujours un effet psychologique », ajoute-t-il toutefois. Le jour du lancement en grande pompe sur le Nasdaq de l’action du réseau social en ligne Facebook en mai 2012, des problèmes techniques avaient coûté des centaines de millions de dollars de pertes aux investisseurs.

 

Plus tôt la même année, la plateforme électronique d’échange boursiers BATS avait été forcée d’annuler sa propre introduction boursière après un autre bogue informatique. L’installation ratée d’un nouveau logiciel de courtage chez Knight Capital le 1er août 2012 s’était plus tard traduite pour la société par une perte de 461 millions de dollars et avait conduit à son rachat par un concurrent.

 

« Chaque fois qu’un problème technique de cette nature se produit, se pose la question de l’intégrité du marché. Cela n’encourage pas les gens à confier leur argent » aux systèmes électroniques, dans des marchés de plus en plus soumis à des algorithmes complexes de courtage à haute fréquence, estime pour sa part Michael Gayed, responsable des investissements à Pension Partners.

 

Mais, ajoute-t-il, « ces incidents sont relativement rares et dans un monde où tout dépend des fibres optiques et d’Internet, il est impossible de ne pas parfois se retrouver face à des situations anormales. »