Usines textiles - Les établissements bangladais inspectés inquiètent les autorités

Des travailleurs s’affairent dans les débris du Rana Plaza. L’effondrement de cette usine textile a déclenché la mobilisation autour du secteur.
Photo: Munir Uz Zaman Des travailleurs s’affairent dans les débris du Rana Plaza. L’effondrement de cette usine textile a déclenché la mobilisation autour du secteur.

Dacca – À peine 10 % des usines textiles inspectées au Bangladesh par des experts en génie civil ne présentaient aucun défaut de structure, soulignant l’ampleur des problèmes de sécurité dans ce pays qui est le deuxième exportateur mondial de vêtements, a annoncé jeudi le responsable de ces inspections.

Les propriétaires de 66 bâtiments abritant des ateliers de confection ont demandé une inspection de leur structure après l’effondrement en avril d’un immeuble de neuf étages, le Rana Plaza. L’accident, dû au non-respect des normes de construction, a fait 1129 morts dans la banlieue de Dacca.


Sur ce chiffre, six bâtiments ont été jugés conformes aux normes tandis que les 60 autres avaient des défauts de structure, mineurs ou plus graves. Deux d’entre eux présentaient des risques d’effondrement imminent, a indiqué à l’AFP Mohammad Mijibur Rahman, le chef du département de génie civil de l’université en ingénierie et technologie BUET, à Dacca.


« Sur les 66, nous avons découvert que seuls six bâtiments étaient parfaits », a-t-il dit. Son rapport final sur l’inspection des fondations, des piliers et des autres éléments de la structure, sera transmis aux autorités dans les jours prochains. Son équipe a demandé la fermeture immédiate des deux bâtiments présentant des risques d’écroulement, après la mise au jour de fissures similaires à celles constatées sur le Rana Plaza la veille du drame, le 24 avril. « Nous avons aussi demandé aux propriétaires de quatre autres immeubles de pratiquer des analyses structurelles détaillées le plus vite possible, peut-être vendredi, parce qu’ils ont des problèmes majeurs », a ajouté M. Rahman.

 

Pas de plans


Les ingénieurs ont au total inspecté 102 bâtiments tous secteurs confondus, à la demande des propriétaires. De nombreux immeubles n’avaient pas de plan détaillé des travaux de construction ni de croquis de l’immeuble et sur le chiffre total, 40 % présentaient des fissures, sans toutefois être exposés à un danger immédiat, selon lui.


L’accident du Rana Plaza, le pire dans l’histoire industrielle du pays, a jeté une lumière crue sur les conditions de travail et de sécurité des ouvriers des 4500 usines textiles du pays, dénoncées depuis des années par les ONG. En dépit des fissures constatées sur l’immeuble, les ouvriers travaillant pour de grandes marques occidentales avaient été sommés de revenir à leur poste le lendemain.


Le gouvernement a depuis lancé un vaste programme d’inspections, aboutissant à la fermeture de deux usines, l’une à Dacca, l’autre à sa périphérie.